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16/02/2017 08:29 EST | Actualisé 17/02/2018 00:12 EST

Trois Serbes condamnés pour un coup d'Etat avorté au Monténégro

Trois Serbes qui ont plaidé coupable d'avoir participé à la préparation d'un coup d'Etat avorté au Monténégro, lors des élections d'octobre, ont été condamnés à cinq mois de réclusion chacun, a-t-on annoncé jeudi de source judiciaire.

Il s'agit des premiers verdicts prononcés dans l'affaire de ce mystérieux putsch qui aurait été, selon le parquet, ourdi par les opposants à l'adhésion du pays à l'Otan, mais qui avait été déjoué quelques heures avant les législatives du 16 octobre 2016.

Les trois inculpés ont passé un accord avec le parquet et ont été déclarés coupables d'avoir participé à la "mise en place d'une organisation criminelle", a indiqué un tribunal de Podgorica dans un communiqué.

Aleksandar Aleksic, Perica Andric et Milos Acimovic figurent parmi la quinzaine de suspects arrêtées.

Le parquet monténégrin soupçonne au total 25 personnes, essentiellement des ressortissants serbes et deux Russes, d'avoir préparé le coup d'Etat. Deux ressortissants russes, soupçonnés d'avoir été les organisateurs du complot, sont en fuite.

Podgorica n'a jamais accusé directement Moscou d'être derrière ce coup d'Etat allégué, mais a mis en cause des "nationalistes russes".

Deux leaders de l'opposition prorusse, les députés Andrija Mandic et Milan Knezevic, également soupçonnés, ont rejeté mercredi ces accusations et dénoncé "un coup monté" par l'homme fort du Monténégro Milo Djukanovic.

Le parlement monténégrin a toutefois décidé mercredi de lever leur immunité, ouvrant la voie à une enquête à leur encontre.

Milo Djukanovic reste aux yeux de l'opposition le patron du pays même s'il a abandonné fin 2016 le poste de Premier ministre à son lieutenant Dusko Markovic.

Les comploteurs présumés auraient, selon le parquet, projeté d'entrer par la force dans le parlement, le jour des élections, pour proclamer la victoire du Front démocratique (l'opposition prorusse), et de s'emparer de Milo Djukanovic, voire même de le tuer.

L'adhésion à l'Otan divise fortement ce petit pays de 620.000 habitants, majoritairement slaves et orthodoxes.

Le Premier ministre Dusko Markovic a confirmé qu'il entendait faire ratifier cette année l'adhésion à l'Alliance atlantique. L'opposition prorusse exige un référendum, que le pouvoir rejette.

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