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16/02/2017 04:38 EST | Actualisé 17/02/2018 00:12 EST

Pays-Bas: le parquet veut juger les jihadistes néerlandais par contumace

Le parquet néerlandais entend poursuivre en justice et juger par contumace des Néerlandais qui se trouvent en Syrie et en Irak pour grossir les rangs d'organisations jihadistes, a-t-il annoncé jeudi, une première audience devant avoir lieu fin mars.

"Ces gens pensent avoir dit adieu à notre système judiciaire mais nous ne leur avons pas dit adieu", a déclaré le représentant du parquet Ferry van Veghel, cité dans un communiqué : "ils ont commis des crimes atroces, s'imaginent intouchables mais ils ne le sont absolument pas".

Le Parquet mène l'enquête sur ces jihadistes néerlandais partis pour la Syrie et l'Irak et souhaite qu'ils soient jugés par contumace avant leur retour.

S'ils reviennent aux Pays-Bas, ils seront alors arrêtés et amenés directement en prison, a assuré Fery van Veghel.

Au moins 280 citoyens néerlandais, dont un tiers de femmes, ont quitté les Pays-Bas pour rejoindre des combattants en Syrie et en Irak, selon les services néerlandais de lutte contre le terrorisme (NCTV). Environ 45 sont rentrés aux Pays-Bas et 45 autres sont décédés: il reste 190 personnes sur place.

En juillet, le tribunal de La Haye avait condamné par contumace quatre hommes à six ans de prison pour avoir rejoint les rangs de plusieurs groupes, dont l'organisation Etat islamique (EI), et pour avoir commis des actes terroristes en Syrie et en Irak entre 2012 et 2014.

Mener une enquête dans ces conditions "n'est pas simple", reconnaît le parquet, qui se repose notamment sur des photos ou vidéos publiées sur Facebook ou sur les messages envoyés à la famille restée au pays.

Une première audience, au sujet de dix combattants, aura lieu le 23 mars à Rotterdam, "très probablement en leur absence", assure le parquet.

Dans un rapport mercredi, les services de renseignement néerlandais (AIVD) ont affirmé s'attendre à une augmentation des retours, alors que l'EI fait face aux offensives d'une puissante coalition.

Ces personnes forment une "menace plus importante" que celle constituée par ceux qui sont déjà revenus, assure l'AIVD: elles sont restées longtemps sur place, se sont endurcies sur le plan idéologique, savent manier les armes, ont de l'expérience au combat.

Les enfants, qui reçoivent des entraînements à partir de neuf ans, peuvent également former une menace, a ajouté l'AIVD. Ils sont dans ce cas au nombre d'environ 80.

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