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16/02/2017 06:09 EST | Actualisé 17/02/2018 00:12 EST

Liban: un article controversé du code pénal sur le viol en passe d'être supprimé

Le Liban s'apprête à supprimer un article controversé du code pénal qui permet à un violeur d'échapper à une condamnation s'il épouse sa victime, a affirmé jeudi une ONG.

La suppression de cet article a été adoptée en commission et doit encore être approuvée par le Parlement pour entrer en vigueur.

Mais l'association Abaad, qui a mené une campagne sur la question, salue un premier pas décisif.

"Nous espérons que le Parlement va rapidement supprimer cet article et adopter les autres amendements proposés par la commission de la justice et de l'administration", a affirmé à l'AFP Alia Awada, responsable de la campagne d'Abaad pour la suppression de l'article 552.

"La commission a pris son temps durant les discussions pour arriver à un consensus entre tous les membres des principaux partis politiques et éviter ainsi tout obstacle à un vote ultérieur du Parlement", explique-t-elle.

L'article controversé concerne différents crimes, comme le viol, le viol de mineurs, les agressions, les rapts et les mariages forcés.

Il stipule que si "un mariage valide est contracté entre l'auteur d'un de ces crimes et la victime, les poursuites cessent et si un verdict a déjà été prononcé son application est suspendue".

La suppression de l'article avait été proposée à la commission l'an dernier mais n'a été adoptée que mercredi, avec d'autres amendements du code pénal.

Les amendements alourdissent la peine pour agression contre des filles de moins de 15 ans la portant à un maximum de 7 ans de prison.

Il n'y a pas de statistiques sur le nombre de violeurs ayant épousé leurs victimes mais selon Mme Awada, cela se produit surtout dans les zones rurales.

"Des pressions sont exercées sur beaucoup de filles pour qu'elles épousent leur violeurs sous le prétexte de "protéger leur honneur" ou "éviter le scandale", souligne-t-elle.

En décembre, Human Right Watch avait insisté pour que le Liban retire cet article 552 du code pénal, en soulignant que "protéger l'honneur doit se faire en s'assurant que les attaquants soient punis et en prenant des mesures pour aider les victimes de violence au lieu de les stigmatiser.

Au Liban, le statut personnel est régi par les 18 communautés religieuses, en l'absence de code civil en matière de divorce, de mariage, naissance ou héritage notamment.

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