POLITIQUE
16/02/2017 12:31 EST | Actualisé 16/02/2017 12:32 EST

Les droits des détenues à Leclerc sont bafoués, dénoncent des groupes sociaux

Radio-Canada

La Ligue des droits et libertés et la Fédération des femmes du Québec (FFQ) dénoncent les conditions de vie des femmes détenues à l'Établissement de détention Leclerc et réclament l'intervention rapide du ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux.

Réunis jeudi matin devant le palais de justice de Montréal, où se trouve le bureau du ministre Coiteux, des représentants de divers groupes sociaux ont réclamé que des changements aux conditions de détention des femmes à l'Établissement de détention Leclerc, à Laval.

Ces détenues avaient été transférées en février 2016 de la prison de Tanguay à cet établissement lavallois.

Et, depuis un an, des problèmes persistent. À commencer par la mixité hommes-femmes qui crée des situations difficiles pour les femmes détenues à Leclerc, selon Lucie Lemonde de la Ligue des droits et libertés (LDL) : « Les hommes crient toutes sortes d'affaires aux femmes quand elles passent, par exemple, pour aller aux libérations conditionnelles ou ailleurs », a-t-elle expliqué en entrevue à ICI RDI.

Du personnel insuffisamment qualifié, dit la LDL

De plus, pour éviter que les clientèles masculine et féminine ne se croisent trop souvent, la direction de l'établissement limite « leur liberté résiduelle », comme l'explique Mme Lemonde : « Donc, plus d'heures en cellule, des déplacements toujours accompagnés de gardes, etc. ».

Mme Lemonde déplore aussi que les agents correctionnels de l'Établissement Leclerc n'aient eu que trois heures de formation pour comprendre les besoins spécifiques des femmes détenues. Et encore, dit-elle, « le programme portait sur « la civilité, paraît-il, donc [les] appeler Madame et être plus poli ».

Or les femmes qui vivent dans cet établissement de détention à sécurité quasi maximale sont différentes des hommes, explique la représentante de la Ligue des droits et libertés, en ce sens qu'elles y ont été incarcérées souvent pour des délits mineurs liés à leur survie ». « Elles ne sont pas dangereuses », affirme Lucie Lemonde, qui précise que ces détenues ont, en majorité, subi de la violence sexuelle, physique ou encore psychologique dans leur vie.

La ligue des droits et libertés et la Fédération des femmes du Québec affirment que les détenues ne doivent pas rester à Leclerc. Ces organismes invitent Québec à rénover la prison Tanguay ou encore à faire construire un centre de détention expressément pour les femmes.

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