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16/02/2017 10:44 EST | Actualisé 17/02/2018 00:12 EST

La France défendra la place de Strasbourg comme siège du Parlement européen (Premier ministre)

La France est déterminée à défendre le statut de capitale européenne de Strasbourg et ne laissera passer aucune attaque, a affirmé jeudi le Premier ministre Bernard Cazeneuve après l'adoption par le Parlement européen d'une remise en cause du siège strasbourgeois de l'institution.

"Nous ne laisserons rien passer qui soit contraire au Traité (européen) dès lors qu'il s'agit de la reconnaissance de la place de Strasbourg comme capitale européenne", a prévenu M. Cazeneuve, à l'issue d'une rencontre avec les élus locaux.

Bernard Cazeneuve a fait cette mise au point après l'adoption par le Parlement européen réuni en plénière à Strasbourg d'un rapport de l'ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt dans lequel il remet en cause la localisation du siège.

Le Traité européen établit le siège du Parlement européen à Strasbourg, dans le nord-est de la France, mais l'essentiel du travail en commission et des mini-sessions se tiennent dans le siège bruxellois de l'institution.

Le siège strasbourgeois est, lui, excentré et ne sert que quatre jours par mois pour une session plénière pendant laquelle interviennent les dirigeants et les personnalités invitées. C'est par exemple à Strasbourg que se sont rendus le pape François, et jeudi, le Premier ministre canadien Justin Trudeau. Mais ces navettes déplaisent aux élus qui en dénoncent le coût humain et financier.

Deux paragraphes dans le rapport de Guy Verhofstadt consacré à l'avenir de l'Europe après la rupture avec le Royaume Uni demandent un siège unique pour le Parlement européen et la possibilité pour les eurodéputés de fixer eux-mêmes le lieu de ce siège.

Bernard Cazeneuve y a opposé une fin de non recevoir. "Les Traités doivent être respectés. Ils sont l'héritage de l'histoire, et l'histoire ça compte dans les périodes troublées", a-t-il soutenu.

Le Premier ministre a éludé une question sur la possibilité de renoncer au siège strasbourgeois en échange de l'installation en France d'agences européennes installées au Royaume Uni: l'agence européenne pour le médicament et l'Agence bancaire européenne.

Il a toutefois reconnu que la France était candidate pour les prendre en charge. "La France est déterminée après le Brexit à se montrer accueillante. Nous avons évoqué le sujet. Nous trouverons une solution positive, si nous travaillons dans la plus grande discrétion. Il arrive parfois que la plus grande discrétion soit le meilleur instrument pour une plus grande efficacité", a-t-il déclaré.

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