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16/02/2017 05:34 EST | Actualisé 17/02/2018 00:12 EST

Fukushima: un robot "Scorpion" bloqué dans l'enceinte d'un réacteur

Un robot "Scorpion" envoyé dans l'enceinte de confinement du réacteur numéro 2 de la centrale nucléaire accidentée Fukushima Daiichi (nord-est du Japon) a dû être abandonné sur place après n'avoir rempli qu'une partie de sa mission, a annoncé jeudi la compagnie exploitante Tepco.

L'engin avait été introduit en début de journée dans l'enceinte de ce réacteur, l'un des trois les plus abîmés, pour prendre de nouvelles images en se rapprochant du dessous de la cuve sous pression qui enfermait le coeur du réacteur.

Il s'agit de tenter de localiser précisément le lieu où est tombé le combustible fondu et ce que devient ce magma hautement radioactif, un objectif qui s'avère difficile à atteindre.

"Scorpion a rencontré un obstacle sur le rail qu'il parcourait et, malgré plusieurs tentatives, il n'a pas réussi à aller plus loin puis a cessé totalement d'avancer", a expliqué Tepco dans un courriel et lors d'une conférence de presse.

"Nous avons finalement décidé après plusieurs heures de couper le câble", renonçant à le récupérer, a précisé la compagnie.

Toutefois, "Scorpion a pu prendre des images d'une grande clarté, bien meilleures que celles d'autres robots envoyés précédemment et, même si la mission n'a pas abouti, nous avons ainsi collecté des données qui nous seront utiles pour la suite", a insisté un responsable.

Le robot de 60 centimètres de long, surnommé "Scorpion" en raison de sa queue articulée lui permettant de prendre des images à des angles différents, a été fabriqué par Toshiba.

Tepco avait annoncé la semaine dernière avoir observé avec un autre engin un niveau de radiations inédit en un endroit de l'enceinte de confinement de ce réacteur 2 (650 sieverts par heure, létal en 30 secondes), mais cette fois, les niveaux relevés à proximité du robot avoisinaient plutôt 210 sieverts/heure.

Ces évaluations n'avaient pas pu être faites auparavant pour des raisons techniques, même près de six ans après l'accident de mars 2011. Les différents chiffres donnés récemment ne signifient cependant pas que l'état du réacteur s'est aggravé (ni amélioré), mais que les radiations sont très variables d'un point à l'autre, avec une marge d'erreur de 30%.

L'opérateur assure que la radioactivité extérieure est stable et que les rayonnements observés par le robot sont confinés dans l'enceinte.

Le réacteur 2 est, à l'instar des 1 et 3, l'un des plus endommagés et responsables de dégagements massifs de substances radioactives dans la nature après la mise en péril du site par le tsunami gigantesque de mars 2011.

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