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16/02/2017 07:45 EST | Actualisé 17/02/2018 00:12 EST

Crimes de guerre: un leader serbe du Kosovo sera rejugé

Une cour d'appel kosovare a annulé une condamnation à 9 ans de prison, pour crimes de guerre, d'un des principaux chefs politiques des Serbes du Kosovo, Oliver Ivanovic, et a ordonné la tenue d'un nouveau procès, a indiqué jeudi son avocat.

"Nous avons reçu par écrit le verdict de la cour d'appel de Pristina, ordonnant un nouveau procès", a dit à l'AFP l'avocat de l'inculpé, Nebojsa Vlajic.

La cour d'appel "n'a pas pu confirmer avec certitude qu'Ivanovic était au courant des crimes de guerre, ou qu'il les avait organisés ou ordonnés", a ajouté Me Vlajic.

Oliver Ivanovic, 63 ans, a été déclaré coupable en janvier 2016, par un tribunal international à Kosovska Mitrovica (nord), d'avoir "incité les paramilitaires" serbes à tuer quatre civils kosovars albanais, arrêtés dans cette même ville, selon le verdict de première instance.

Ce crime a eu lieu en avril 1999, pendant le conflit entre la guérilla indépendantiste kosovare et les forces serbes (1998-99). Belgrade avait alors qualifié ce verdict de "consternant" et "scandaleux".

Contactée par l'AFP, la cour d'appel s'est refusée à tout commentaire avant d'informer officiellement de sa décision les parties concernées.

Arrêté en janvier 2014, Oliver Ivanovic était le premier haut responsable politique de la communauté serbe du Kosovo condamné par la Mission de police et de justice de l'Union européenne au Kosovo (Eulex) pour des accusations de crimes de guerre.

Il plaide non coupable et avait observé une grève de la faim pour protester contre son emprisonnement. Me Vlajic a dit qu'il allait demander sa remise en liberté dans l'attente du nouveau procès.

Considéré comme un modéré, cet ancien secrétaire d'État serbe pour le Kosovo avait été élu en 2013 conseiller municipal dans la partie serbe de Kosovska Mitrovica, où il réside.

Eulex est une instance de l'UE mise en place en 2008 pour traiter les crimes de guerre, mais aussi des dossiers sensibles, comme la corruption et la criminalité organisée.

Le conflit au Kosovo a fait 13.500 morts, dont plus de 10.800 Kosovars albanais.

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