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16/02/2017 08:07 EST | Actualisé 17/02/2018 00:12 EST

À la découverte de Maren Ade

Femme. Allemande. Réalisatrice de comédies. Ces trois qualificatifs suscitent déjà suffisamment d'étonnement pour donner envie d'en savoir plus!

Au dernier Festival de Cannes, son nom a émergé. Maren Ade. Et même si son Toni Erdmann n’a pas réussi à se faufiler jusqu’au palmarès final, il a tellement séduit qu’il a établi le nom de sa réalisatrice parmi ceux des cinéastes qui comptent aujourd’hui.

La vie étant relativement bien faite par moments, le Goethe Institut a décidé de profiter de la sortie en salle de Toni Erdmann (par ailleurs candidat à l’Oscar du meilleur film étranger) pour nous faire découvrir les deux autres, et seuls, films de Maren Ade. Voici trois bonnes raisons d’avoir envie de se lancer dans ce programme triple.

Maren Ade a de l’humour. Beaucoup

Dès son premier film, The Forest for the Trees (un film de fin d’études qui a remporté le prix spécial du jury au Festival de Sundance en 2005), c’était flagrant. Suivant l’arrivée d’une nouvelle enseignante un peu trop désireuse de plaire et de se faire des amis dans une école secondaire, le film fait du malaise le moteur de son humour souvent grinçant. Réalisation ultra-dépouillée, personnage principal aussi idéaliste et malhabile que l’héroïne de la série Unbreakable Kimmy Schmidt, observation cruelle et ironique des travers humains que ne renierait pas Ricky Gervais : la formule est aussi efficace que séduisante!

Son sens du récit et ses personnages sont précieux

Si la mise en scène des films de Maren Ade semble presque effacée, elle est pourtant d’une redoutable ingéniosité. Dépouillant la forme de ses films de tout artifice, la réalisatrice concentre alors toute son attention sur ses personnages, fantasques, singuliers et attachants, et sur la construction de ses récits qui, l’air de rien, tout en nuances et en détail, se déploient dans des crescendo dramatico-comiques aussi précis que saisissants. Le Festival de Berlin ne s’y était d’ailleurs pas trompé puisqu’en 2009, pour son deuxième film, Tous les autres, relatant la lente désagrégation d’un couple de trentenaires, il le sacrait du grand prix du jury et du prix de la meilleure actrice pour Birgit Minichmayr.

Avant d’être allemands, ses films sont universels

Certes, tout part de réalités allemandes, même dans le cas de Toni Erdmann, dont l’action se situe principalement à Bucarest, là où travaille Inès, une consultante internationale que son père va venir déranger en lui rendant une visite surprise. Mais il ne faut pas gratter bien longtemps pour réaliser que ce dont parle Maren Ade touche autant à l’ouest qu’à l’est, au nord qu’au sud. Remettant sans cesse en question, à travers ses récits, les relations d’amitié, de couple ou de famille, elle aborde avec une originalité et une franchise déconcertantes ce qui, au fond, nous concerne et nous taraude tous : la solitude, fruit d’une difficulté à s’aimer et à communiquer que les frontières n’arrêtent pas. Le succès de Toni Erdmann partout sur la planète, et la reprise annoncée du film par les Américains (avec Jack Nicholson et Kristen Wiig dans les rôles principaux) ne font que le confirmer.

Tous les détails concernant la rétrospective Maren Ade sur le site du Goethe Institut