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15/02/2017 10:53 EST | Actualisé 15/02/2017 12:38 EST

Philippe Lacroix: retenez son nom maintenant et suivez-le longtemps (ENTREVUE)

Courtoisie

Près de 2 millions de personnes ont visionné son incarnation chantée de Justin Trudeau, dans un sketch où le premier ministre canadien rencontre Donald Trump. Il a fait énormément parler de lui grâce à sa caricature de Céline Dion l’automne dernier. Il vient de lancer une vidéo où il imite merveilleusement Pierre Lapointe. Et il anime une émission quotidienne pour les jeunes à TFO, en mettant à profit son énergie contagieuse, son sourire Colgate, son charisme débordant et son aisance avec le ridicule. Portrait de Philippe Lacroix.

Ta vidéo la plus populaire est celle de la fausse rencontre entre Trudeau et Trump. Quel objectif avais-tu?

Avec Flip TFO, on voulait sortir la vidéo une semaine avant les élections américaines, en se disant que Trump ne gagnerait jamais et que la vidéo allait mourir après. Finalement non! À la base, notre but était de mélanger un univers que les jeunes connaissent et un autre un peu méconnu qu’ils doivent connaître, comme la politique américaine et canadienne. Pour les adultes, ce sont peut-être des lieux communs, mais une belle initiation pour un ado et un préado. Au début, mon producteur avait des réticences à l’idée de faire de l’humour avec la politique. Il craignait que les jeunes ne soient pas intéressés. Mais finalement, c’est ce qui a le plus fonctionné! Avec presque deux millions de vues sur Facebook et You Tube, ce sont des statistiques qui n’ont aucune espèce de bon sens!

En septembre, ta caricature de Céline Dion a fait beaucoup jaser. Certains ont adoré, d’autres ont rigolé, mais trouvaient que ça ne lui ressemblait pas. Comment vis-tu avec ces commentaires?

C’est formateur et pertinent. Quand tout fonctionne, c’est facile de se dire que c’était bon et de se donner une tape dans le dos, mais c’est agréable aussi d’entendre que j’aurais pu travailler davantage mon imitation et que ce n’était pas parfait. Je suis un éternel insécure qui ne s’est jamais senti totalement confiant, mais je cours après la critique. J’ai besoin de me faire challenger. Avec quatre émissions par semaine à TFO, c’est important de savoir quoi améliorer. Je déteste me regarder, mais je me suis désensibilisé. Je suis dans une période de ma vie où je dois apprendre.

Comment résumerais-tu le concept de Flip TFO pour ceux qui ne la connaissent pas?

C’est une quotidienne durant laquelle on revient sur l’actualité sur le web francophone canadien : on parle de trucs inusités, on fait des défis, des tops 5, des découvertes de jeux vidéo. Et sur Internet, l’émission a plusieurs chaînes You Tube avec des parodies, des défis et des collaborations avec des Youtubers. C’est un show en perpétuel changement. On est quatre animateurs sur le plateau et chacun a sa saveur. Personnellement, je me sens comme au secondaire, quand j’animais un show, en faisant des imitations, des sketchs, du chant et de la mise en scène. Je ressens la même liberté pour faire ce qui me fait triper. C’est malade de pouvoir montrer toutes les facettes de ma personnalité et ce que j’aime faire.

Il y a quelques jours, tu as diffusé une vidéo dans laquelle tu imites Pierre Lapointe, qui lance l’album Saint-Valenpeine, dédié aux « âmes esseulées, nouvellement célibataires ou juste ceux qui n’ont jamais pogné ». C’est un hommage ou une caricature?

C’est plus un hommage et une façon de rire de ses travers. Je pense qu’il est conscient que sa musique est déprimante, mais je suis un fan de Pierre Lapointe et je l’aime d’amour! C’est vraiment l’imitation que j’ai le plus travaillée : sa posture, son port de tête, sa prononciation de certains mots. C’est peut-être aussi la plus fidèle, sans être la plus hilarante. Avec le recul, je réalise qu’il est plus difficile à caricaturer. Même si son look est extravagant, il est très droit et il ne bouge pas tant. Contrairement à Céline, par exemple.

Pour être aussi polyvalent, as-tu une formation en chant, en communications et en jeu?

Je n’ai jamais fait de cours de chant et j’ai l’impression de n’avoir aucune technique. Ça me manque pour me sentir en confiance. Je ne me considère pas comme un chanteur, alors je le fais sans prétention. Mais je chante tout le temps depuis que je suis petit à la maison. Je pense d’ailleurs que mes parents sont contents que je n’habite plus chez eux! Pour le reste, j’ai étudié en télé à l’UQAM. Je peux donc autant participer au contenu que faire des entrevues et comprendre la réalité d’un plateau. <

À 23 ans, quels sont tes rêves de carrière?

Je suis un touche-à-tout et j’ai envie que ça continue comme ça toute ma vie. Mélanger les projets sérieux et ludiques. Au primaire, je tripais sur le Bye Bye : ça m’interpelle tellement ce jeu de références et d’humour. Je trouve ça hyper stimulant. C’est un rêve d’en faire un. Mais d’une certaine façon, je le fais déjà. Sinon, j’aimerais participer à des projets où on fait découvrir des choses au public. Je trouve qu’on a besoin de plus d’esprit critique. Ça risque d’être un mes créneaux.

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