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15/02/2017 04:32 EST | Actualisé 15/02/2017 04:32 EST

Conflit israélo-palestinien: «la solution à deux États» n'est pas la seule possible, dit Trump

Le président des États-Unis Donald Trump, aux côtés du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, a jugé mercredi que "la solution à deux Etats" pour régler le conflit israélo-palestinien n'était plus la seule voie possible pour trouver un accord de paix au Proche-Orient.

Comme l'avait indiqué la Maison-Blanche mardi soir, les États-Unis marquent ainsi une rupture avec ce principe de référence de la communauté internationale depuis des décennies pour chercher une issue au plus ancien conflit de la planète.

"Je regarde (la solution à) deux États et (la solution à) un État et (...) si Israël et les Palestiniens sont contents, je suis content avec (la solution) qu'ils préfèrent. Les deux me conviennent", a déclaré le président des États-Unis lors d'une conférence de presse commune avec le Premier ministre israélien à la Maison-Blanche.

Mardi soir, un haut responsable de la Maison-Blanche avait indiqué que dorénavant Washington n'insisterait plus sur la solution à deux États et qu'il ne dicterait plus les termes d'un éventuel accord de paix entre Israël et les Palestiniens.

La solution à deux États, israélien et palestinien côte à côte, a été défendue par tous les présidents américains successifs, qu'ils aient été démocrates ou républicains.

"Notre administration s'engage à travailler avec Israël et nos alliés communs dans la région pour davantage de sécurité et de stabilité. Cela comprend un accord de paix entre Israël et les Palestiniens", a assuré M. Trump, qui tout au long de sa campagne avait affiché des positions très pro-israéliennes tout en affirmant que, s'il était élu, il présiderait à un règlement de paix.

"Les États-Unis favoriseront la paix et un véritable accord de paix", a-t-il encore promis.

En réponse, M. Netanyahu a jugé que le nouveau président américain offrait "une occasion sans précédent" pour sortir du plus vieux conflit en cours dans le monde.

Il a relevé à cet égard que "pour la première fois depuis que (son) pays existe, les pays arabes de la région ne considèrent pas Israël comme leur ennemi", en allusion aux puissances sunnites du Moyen-Orient.

Pour autant, le président Trump a appelé les deux parties israélienne et palestinienne à faire des "compromis".

Il a exhorté l'État hébreu à faire preuve de "flexibilité" et de "retenue" sur la colonisation dans les Territoires palestiniens.

Le chef du gouvernement israélien a répondu que "la question des colonies n'était pas au coeur du conflit" avec les Palestiniens, auxquels il a réclamé la "reconnaissance de l'État juif" d'Israël.

De son côté, le président Trump a pressé les Palestiniens de se débarrasser de leur "haine" supposée à l'égard des Israéliens.

Quant au sujet potentiellement explosif du transfert éventuel de l'ambassade américaine de Tel-Aviv vers Jérusalem, le président des États-Unis a une nouvelle fois temporisé: "Nous y réfléchissons très très sérieusement (...) Nous verrons ce qui se passe".

Alliés historiques - Israël est le récipiendaire de la plus généreuse des aides militaires américaines avec quelque 38 milliards de dollars sur dix ans - les États-Unis et l'État hébreu entretiennent des "liens indestructibles", a vanté M. Trump.

Enfin, les deux dirigeants sont également tombés d'accord sur l'Iran, bête noire de l'État hébreu et contre lequel la nouvelle administration américaine a nettement durci le ton.

Donald Trump a une nouvelle jugée que l'accord sur le nucléaire iranien scellé notamment par son prédécesseur Barack Obama en 2015 était "l'un des pires accords qu'il ait jamais vus".

"Mon administration a déjà imposé de nouvelles sanctions à l'Iran et j'en ferai davantage pour empêcher à jamais l'Iran de développer une arme nucléaire", a promis le président américain.