CANADA QUEBEC
14/02/2017 16:43 EST | Actualisé 14/02/2017 16:46 EST

Barrage menaçant en Californie: 188 000 évacués peuvent rentrer chez eux

Jennifer Moss (L), of Marysville, ties her daughter Kaylin's shoes at the Salvation Army relief center at the Placer County Fair Grounds in Roseville, California, after an evacuation was ordered for communities downstream from the Lake Oroville Dam, in Oroville, California, U.S. February 14, 2017.  REUTERS/Beck Diefenbach
Beck Diefenbach / Reuters
Jennifer Moss (L), of Marysville, ties her daughter Kaylin's shoes at the Salvation Army relief center at the Placer County Fair Grounds in Roseville, California, after an evacuation was ordered for communities downstream from the Lake Oroville Dam, in Oroville, California, U.S. February 14, 2017. REUTERS/Beck Diefenbach

Près de 200 000 habitants de Californie qui avaient été évacués face à un risque d'inondations massives liées au plus haut barrage des États-Unis, endommagé, vont pouvoir rentrer chez eux en l'absence de danger immédiat.

L'injonction d'évacuation, qui concernait 188 000 personnes, a été levée mardi par la police et transformée en simple alerte.

«Tous les résidents déplacés par l'évacuation vont pouvoir rentrer chez eux à partir de 13h00» mais ils doivent «être préparés car les conditions peuvent changer rapidement», a indiqué sur sa page Facebook la police du comté de Butte, dans l'ouest américain, où se trouve le barrage d'Oroville.

La police a justifié sa décision par le fait que le niveau du lac d'Oroville, l'un des principaux réservoirs d'eau en Californie retenu par un barrage géant, avait diminué après s'être dangereusement élevé pour approcher sa pleine capacité à la suite de fortes pluies.

Les autorités s'étaient lancées dans une course contre la montre ces derniers jours pour le faire baisser avant l'arrivée prévue de nouvelles intempéries à partir de jeudi.

Elles ont relâché près de 3000 mètres cubes d'eau, soit environ 3 millions de litres, par seconde ces derniers jours, donnant lieu à des images spectaculaires de flots rugissants. Le niveau du lac n'était plus préoccupant mardi après-midi.

De nouvelles prévisions météo ont aussi contribué à faire baisser l'alerte: une série de tempêtes est attendue en Californie à partir de jeudi mais les températures devant finalement être plus basses que ces derniers jours, elles devraient comprendre de la neige, qui ne va donc pas se déverser immédiatement dans le réservoir.

Le barrage lui-même n'est pas abimé mais ses deux déversoirs avaient dû être activés et ont rapidement été endommagés. Une partie du déversoir principal s'est écroulée et celui d'urgence, activé pour la première fois depuis son inauguration il y a 50 ans, a quant à lui commencé à s'éroder.

Il menaçait de déverser des torrents d'eau en aval, avec le risque d'inonder les communes voisines, au lieu de canaliser les flots vers le fleuve Feather.

Des hélicoptères ont déposé d'énormes sacs de pierres pour créer une digue de fortune.

Le gouverneur de Californie Jerry Brown avait déclaré l'état d'urgence pour mobiliser les ressources locales face à la crise, et avait demandé lundi l'aide fédérale dans une lettre au président Donald Trump.

Infrastructures croulantes

Le porte-parole de la Maison-Blanche Sean Spicer a assuré mardi que le président américain «surveille de près la situation», qualifiant cette crise de «cas d'école illustrant le besoin d'un programme de grands travaux d'infrastructures au Congrès».

«Les barrages, ponts, routes et ports à travers le pays sont en mauvais état et, pour éviter un futur désastre, nous allons suivre la vision du président pour une modernisation des infrastructures croulantes de la nation», a-t-il ajouté.

Dimanche quand l'ordre d'évacuation a été donné, de nombreux habitants ont eu moins d'une heure pour fuir.

Si certains ont trouvé refuge dans leur famille ou chez des amis, des milliers d'autres ont dû passer deux nuits dans leur voiture, dans des campings ou dans des abris d'urgence installés dans des églises, des gymnases, des bases militaires.

«On a eu moins d'une heure pour se préparer. On a pris ce qu'on pouvait et on est sortis. Je sais qu'ils vont réparer (le barrage) mais je ne sais pas combien de temps ça va leur prendre», avait expliqué lundi à l'AFP Patricia, installée dans une vaste salle municipale de Roseville où 200 familles ont trouvé refuge.

Après des années de sécheresse en Californie, le barrage d'Oroville avait presque atteint sa pleine capacité à la suite d'une succession de tempêtes cet hiver.

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