DIVERTISSEMENT
13/02/2017 06:44 EST

«Tout le monde en parle»: quelques moments croustillants

Les études de Steve Bégin et Georges St-Pierre, le cri du cœur d’Alexandra Diaz, les aspirations politiques de Martine Ouellet, les valeurs du Parti québécois… Voici quelques moments croustillants qui ont retenu notre attention à Tout le monde en parle, cette semaine. Lisez aussi notre compte-rendu de l’entrevue accordée par Eric Lindros.

 

Qui a eu cette idée folle, un jour d’inventer l’école

Ambassadeurs de la plateforme ChallengeU, qui permet de terminer son secondaire en ligne, sur le cellulaire, la tablette ou l’ordinateur, les sportifs Steve Bégin et Georges St-Pierre ont jasé scolarité, dimanche. Steve Bégin s’est ainsi ouvert sur le fait qu’il n’avait pas complété ses études secondaires dans sa jeunesse, et que son ami Georges St-Pierre l’avait mis au défi de le faire via ChallengeU. Il a bien sûr accepté le défi. «L’école passait deuxième pour moi, a dit Bégin pour expliquer son choix à l’adolescence. Je me suis tellement concentré sur le hockey qu’à un moment donné, j’ai décidé de lâcher. Il y a quand même eu une belle carrière pour moi dans la Ligue nationale, mais il me manquait quelque chose».

Georges St-Pierre, pour sa part, a fait des études poussées, notamment au cégep en sciences de la nature et a fréquenté l’université, mais le champion des arts martiaux mixtes n’a pas caché qu’il était atteint d’un trouble d’attention à l’école. «J’avais des problèmes à rester concentré sur ce que le professeur disait, a avoué celui qu’on surnomme GSP. Il ne faut pas oublier que le système d’éducation n’est pas fait pour tout le monde. Les jeunes qui sont hyperactifs ou qui ont des problèmes d’attention comme moi j’avais, c’est beaucoup plus difficile pour certaines personnes.» St-Pierre a par ailleurs insisté sur le fait que la formation offerte sur ChallengeU est complète, avec examens finaux du ministère et professeurs disponibles à distance pour répondre aux interrogations.

 

Retours possibles

Souvent questionné à propos d’un éventuel retour dans le ring, Georges St-Pierre s’est montré enthousiaste, et ce, même s’il y a déjà plus de trois ans qu’il a été sacré champion du monde.

«J’ai beaucoup plus à perdre (en revenant, ndlr). Le monde me pose souvent la question : pourquoi je voudrais revenir. La raison est que, en ce moment, je me sens au sommet de ma forme. Et je ne voudrais pas arriver à 50 ans et dire : j’aurais dû revenir, j’étais au sommet de ma forme et je ne l’ai pas fait, et avoir des regrets. Peut-être que si je reviens, je vais me planter, mais au moins je n’aurai pas de regrets», a exposé l’homme de 35 ans.

Steve Bégin, lui, pourrait-il revenir au hockey après sa retraite amorcée en 2014? Celui qui est aujourd’hui engagé dans une entreprise de construction avait les yeux brillants en évoquant cette possibilité. «Je ne ferme pas la porte. On ne sait jamais dans le futur. Le hockey, ça me manque vraiment beaucoup. J’ai des plans», a-t-il laissé planer.

 

Festin ou fiasco?

Geneviève O’Gleman et Alexandra Diaz sont devenues des références aux fourneaux pour beaucoup de personnes depuis qu’elles tiennent la barre de Cuisine futée, parents pressés, à Télé-Québec. Leurs deux livres obtiennent encore un succès fulgurant, et il a été annoncé dimanche qu’un troisième tome paraîtra à l’automne. Le point de vue de nutritionniste de Geneviève O’Gleman a été sollicité dimanche, lorsqu’on lui a demandé ce qu’elle pensait des nouveaux menus élaborés par Gaétan Barrette dans les CHSLD.

«Il y a tellement de contraintes et de défis pour nourrir les personnes âgées, a défendu la spécialiste. C’est extrêmement difficile d’y arriver à petit prix. Je pense que c’est une bonne initiative, d’éveiller la conscience de tout le monde sur l’alimentation des personnes âgées en centres d’hébergement. Il y a des nutritionnistes spécialisés dans l’alimentation des personnes âgées, et de faire appel à ces nutritionnistes, qui ont travaillé sur les menus, c’est extrêmement important. Elles comprennent les besoins,  les difficultés de déglutition, les besoins nutritifs. Je crois qu’on a fait un pas dans la bonne direction».

Alexandra Diaz a qualifié de «démocratique» l’attitude de sa collègue dans une cuisine, elle qui ne snobe ni ne boude aucun aliment, aucun n’étant «nocif» à ses yeux. Il fallait d’ailleurs entendre Alexandra faire le récit d’une dégustation de chocolat par Geneviève : une expérience apparemment très sensuelle!

 

Tendre la main

Alexandra Diaz en a probablement ému et interpellé plus d’un avec son vibrant plaidoyer en faveur de l’ouverture à l’autre, après les tristes événements de Québec d’il y a deux semaines. Née au Chili, arrivée au Québec en 1974, l’animatrice et productrice a fait partie d’une vidéo de la campagne Ensemble, nous sommes le Québec. Après la présentation d’un extrait, Guy A.Lepage lui a demandé son opinion sur la récente tragédie, et Alexandra a alors laissé parler son cœur.

«Je vais essayer de ne pas pleurer, a-t-elle commencé, visiblement troublée. J’ai encore le cœur brisé. Je suis encore anéantie par ce qui s’est passé. Je pense que tous les Québécois ont été profondément remués. Je pense qu’on doit sérieusement se se questionner en tant que peuple.  Je pense qu’on doit prendre des mesures, à partir du moment où on décide d’accueillir  des gens chez nous, pour ne pas les laisser tomber. Je ne suis pas une spécialiste, je ne sais pas comment on fait. Moi, ce que j’ai voulu faire, par ce témoignage, c’est dire que l’un n’exclut pas l’autre. J’ai une expérience d’immigration extraordinaire. On est arrivés ici, au lendemain du Coup d’État au Chili ;13 jours après notre arrivée, ma mère a reçu un  coup de téléphone : son frère venait d’être assassiné. Est-ce que les expériences d’immigration sont toutes choisies? Non. Quand on est migrant et qu’on souhaite un avenir meilleur pour ses enfants, on serait prêts à tout, à se déraciner et aller ailleurs pour une vie meilleure, point. Quand nous, on est arrivés ici, mes parents ont fait beaucoup de sacrifices. (…) Je me cite, j’ai gagné le jackpot. J’ai l’impression que je suis un peu Chilienne quand ça me tente, quand je suis ici (… ) Quand je vais au Chili, je suis Québécoise quand ça me tente, parce que je n’ai pas l’accent proprement chilien (…) J’ai l’impression que personne ne peut se priver d’apprendre de quelqu’un d’autre, qui soit-il, d’où il vienne. Je ne sais pas comment exprimer cette peine dont, je pense, on ne pourra jamais se remettre. (…)»

« Si moi j’ai été chanceuse, ça n’exclut pas que des gens soient victimes de toutes sortes de discriminations. Ces gens-là, on doit s’ouvrir à eux, on doit les aider. Si on peut tous s’ouvrir, se tendre la main, se toucher, poser des gestes contre la peur et l’ignorance, je nous le souhaite», a exprimé la maman de deux enfants, qui a ensuite été chaudement applaudie.

 

Martine défend son point

Martine Ouellet aspire-t-elle à être «chef à tout prix, de n’importe quel parti»?, a osé demander Guy A.Lepage à la politicienne lors de son entrée sur le plateau. «Pas vraiment n’importe quel parti, on s’entend, un parti indépendantiste», a rectifié la députée indépendante du comté de Vachon à l’Assemblée nationale, qui espère bientôt pouvoir cumuler cette fonction et celle de chef du Bloc Québécois. Réussira-t-elle à bien servir les électeurs de Vachon si elle obtient le droit de siéger aux deux paliers de gouvernement? «Bien oui, tout à fait, a assuré Martine Ouellet. Députée à temps plein… Est-ce que Philippe Couillard est député à temps plein? Il est député à temps plein, il est premier ministre et il est chef de son parti. Le cumul des fonctions en politique, ça se fait. C’est la même chose pour les autres chefs de parti, Jean-François Lisée, François Legault et c’était le cas pour Françoise David aussi. C’est sûr que dans notre travail, on est, oui, députés de notre comté, mais quand on est chefs de parti, c’est une tâche qui s’ajoute, c’est sûr que c’est du travail supplémentaire, mais je pense qu’on sert aussi nos électeurs en faisant ça, parce que ça nous permet de faire avancer des dossiers.»

Et la reconstruction du Bloc serait-elle réellement possible avec un chef à «temps partiel»? Ouellet a laissé entendre que le Bloc est en meilleure posture qu’on croit, avec ses «25 000 membres dans toutes les régions du Québec…» Pour ce qui est du salaire, la dame maintient qu’elle ne bénéficiera pas du beurre et de l’argent du beurre.

«Je n’aurai qu’un salaire. Il faut clarifier certaines choses, j’ai entendu plein de faussetés qui se sont dites. Un salaire, celui de l’Assemblée nationale. Les chefferies sont généralement bénévoles (…) Il y aura donc un seul salaire. C’est certain que c’est nouveau, ce n’est pas un précédent (…)»

Quant à son emploi du temps, elle le planifie déjà soigneusement en vue des 18 prochains mois. «J’irai faire un tour à Ottawa, c’est certain, mais je ne serai pas là toutes la semaine. Donc, de faire mes trois jours d’Assemblée nationale à Québec, de faire trois jours dans ma circonscription, les activités avec les organismes dans le comté (…) et la septième journée sera pour aller faire un tour à Ottawa avec les députés du Bloc québécois», a détaillé Martine Ouellet.

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L’affaire Sklavounos

Guy A.Lepage se devait de faire parler Martine Ouellet sur l’affaire Gerry Sklavounos. S’il n’est pas réadmis au caucus libéral, le député de Laurier-Dorion devra dorénavant siéger comme élu indépendant, au même titre que Martine Ouellet. Comment accueillera-t-elle la décision du premier ministre Philippe Couillard, quelle qu’elle soit?

«Je serai au Salon bleu avec lui comme l’ensemble des autres députés de l’Assemblée nationale. (…) J’ai écouté son point de presse. On n’a pas vraiment entendu d’excuses. Ça donne l’impression que son examen de conscience était assez restreint. Moi, je crois que Philippe Couillard, la décision qu’il va prendre va être extrêmement importante. Je ne connais pas toute l’information… Je souhaite qu’il réfléchisse et qu’il valide l’ensemble des informations parce que, comme parlementaire à l’Assemblée nationale, on se doit d’avoir un comportement respectueux, pour l’ensemble des parlementaires, pour l’ensemble des personnes à l’Assemblée nationale. Je pense qu’il doit y avoir une validation faite à ce niveau-là.»

Gerry Sklavounos avait-il réellement des comportements sexistes?, a voulu savoir Guy A.Lepage.

«Moi, je n’ai pas eu de contact directement avec lui. Je ne peux pas vous dire personnellement. Mais de l’ensemble des rumeurs qu’on a entendues depuis que l’événement est arrivé, je trouve que c’est suffisant pour justifier de la part d’un chef de parti des validations importantes», a estimé Martine Ouellet.

 

Détesté avec passion

François Papineau l’admet en riant, de nombreux Québécois ne le portent pas dans leur cœur en raison de son rôle du sévère directeur de prison Normand Despins dans Unité 9. «Les gens me détestent avec passion et enthousiasme, a ricané le comédien, paraissant dépassé par le phénomène. C’est incroyable! Des fois, de loin, je vois quelqu’un sur le trottoir, à 500 pieds. Je le vois changer de direction. Et je fais : ok… Les gens sont contents de me dire comment ils m’haïssent! (…) Je n’ai aucune chance de gagner au Gala Artis, ça, c’est sûr! (rires)»

 

Une thérapie dans la thérapie

François Papineau est également revenu sur la poignante expérience que fut, pour lui, la série En thérapie, où il incarnait un psychologue. Un tournage de 44 épisodes en 44 jours, à raison de 12 heures par jour, qui l’a vidé physiquement et émotivement, et qui l’a même forcé à annuler d’autres contrats les semaines suivantes. «Il y a beaucoup de clés psychologiques qui sont offertes là-dedans, a-t-il confié à propos d’En thérapie. Comme une réelle thérapie qui fonctionnerait, mais en accéléré. Moi, comme je baignais là-dedans sans arrêt, quotidiennement, c’est sûr qu’il  y a des aspects de ma vie qui me sont apparus. Sur le tournage, j’ai compris mon rapport avec mon père. C’a été extrêmement formateur, mais en même temps, troublant (…) Le jour où j’ai compris mon rapport à mon père, ou comment il pouvait être dans telle situation, j’étais sur le bord de craquer, j’étais en train de dire une réplique et je me suis dit : «Non. Si je craque là, je m’effoire, je ne suis pas capable de finir la journée et la série n’est pas complète». Alors je me suis retenu. C’est ce qui a contribué à ma fatigue. Le nombre de jours de tournage, les longues heures, mais aussi l’apprentissage très intime que j’ai fait à travers tout ça. C’a été un voyage hallucinant pour moi, les deux saisons de ça.»

 

Xénophobe, le Parti québécois?

Présentes pour poursuivre la discussion amorcée la semaine dernière sur les attentats de Québec et le vivre-ensemble, les auteures Rachida Azdouz, Nadia El-Mabrouk et Dalida Awada ont chacune offert leur perspective des événements, mais Dalida Awada a suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux lorsque Guy A.Lepage a brandi un tweet qu’elle avait envoyé à l’endroit du Parti québécois aux lendemains de l’événement.

«Les musulman-es ne veulent pas de la solidarité d’un partie (sic) xénophobe. Ayez un peu de décence et faites profil bas», avait écrit Awada. Celle-ci a réitéré son point de vue, selon lequel le PQ est effectivement xénophobe. «Ce n’est pas de dire que tous ceux qui sont dans le Parti québécois sont xénophobes, il ne faut pas prendre ces choses-là personnelles. Mais j’aimerais quand même dire que c’était quelques jours après la tragédie, j’étais très, très affectée, et je pense que ce que le Parti québécois ne réalise pas, c’est qu’il y a beaucoup de musulmans et de musulmanes qui sont encore extrêmement blessés par l’épisode de la Charte des valeurs. Et le Parti québécois ne s’est jamais excusé. Jusqu’à aujourd’hui, les musulmans et musulmanes, et d’autres personnes dans la société, en souffrent encore, et je pense que le meilleur service qu’on peut rendre au Parti québécois, c’est de leur faire part de cette blessure-là, qui est encore ouverte. Je crois que le projet de Charte qui a été fait il y a déjà trois ans, et la rhétorique sur laquelle le chef actuel a surfé pour se faire élire sont hautement problématiques, et il va falloir qu’on le dénonce. Et c’est le meilleur service qu’on peut leur rendre. Il faut qu’ils sachent que ces choses-là laissent des plaies ouvertes pendant très, très longtemps, c’est très blessant.»

Le hasard voulant que le Parti québécois avait une représentante dimanche, en la personne de Martine Ouellet, celle-ci s’est opposée aux propos de Dalida Awada.

«De dire que le Parti québécois est xénophobe, pour moi, c’est très, très, très heurtant parce que ce n’est pas vrai. Gérald Godin était un humaniste extraordinaire, Maka Kotto, qui est avec nous… Moi, je peux vous dire, les députés du Parti québécois ne sont pas xénophobes. Est-ce que du côté de la Charte, est-ce que les choses auraient pu se faire autrement? Oui. Mais d’utiliser des mots comme «xénophobe», ce sont des attaques extrêmement sérieuses, et qui sont heurtantes. Je pense qu’il faut faire attention, justement pour maintenir ce dialogue-là», a plaidé Martine Ouellet. Nadia El-Mabrouk et Rachida Azdouz ont elles aussi apporté des nuances aux paroles de leur interlocutrice.