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11/02/2017 04:13 EST | Actualisé 11/02/2017 04:25 EST

De plus en plus de demandeurs d'asile à la frontière canado-américaine

Radio-Canada

De plus en plus de migrants traversent illégalement la frontière canado-américaine dans l'espoir de demander l'asile en sol canadien. Samedi matin seulement, quatre personnes ont passé la frontière illégalement à Hemmingford, près du poste frontalier de Lacolle, et ont été interceptées par la GRC.

Une famille de trois Syriens, un couple avec un enfant de 3 ans, puis un homme seul deux heures plus tard ont ainsi traversé la frontière à pied, malgré les avertissements des agents de la GRC, qui ont procédé à leur arrestation.

Ils seront envoyés au centre de détention d’Immigration Canada de Laval pendant 48 heures, où leur dossier sera évalué. Ils pourraient être remis en liberté jusqu’à leur audience de demande du statut de réfugiés, si on juge qu’ils ne sont pas dangereux et qu’ils ne tenteront pas de fuir les autorités canadiennes.

En décembre, 305 personnes ont fait une demande de statut de réfugié à partir du Centre de prévention de l'immigration de Laval.

Viendra ensuite l’audience, en général au plus tard dans les 60 jours suivant l'arrestation des demandeurs d’asile, où ils devront faire la démonstration qu’ils ont une crainte fondée d’être persécutés dans leur pays d’origine. Selon leur témoignage, on décidera ensuite s’ils seront acceptés comme personnes protégées au Canada ou plutôt expulsés.

Mardi, trois demandeurs d'asile somaliens avaient tenté d'entrer au Canada à la frontière manitobaine avant d’être arrêtés par des douaniers américains. Les deux hommes et la femme essayaient de traverser un champ situé au sud de la frontière, près du village d'Emerson. La fin de semaine dernière, la GRC avait de plus intercepté 22 réfugiés en deux jours dans cette région.

Trump et la hausse des demandes

Selon Stéphane Handfield, avocat spécialisé en immigration, il n’y a aucun doute que l’on observe une hausse des demandes de statut de réfugié depuis l’annonce des politiques d’immigration de l'administration Trump.

Il indique, entre autres, que les avocats qui sont mandatés pour recevoir les appels des réfugiés lorsqu'ils arrivent au pays, un droit qu'on leur accorde automatiquement, constatent une recrudescence de ces appels. « Certains nous disent ouvertement qu’ils ont fui les États-Unis en raison de la politique du gouvernement Trump », dit-il.

«On voit même que la Commission de l’immigration et du statut de réfugiés, le tribunal qui entend les demandes d’asile, est débordée. Beaucoup de dossiers doivent être remis faute de commissaire disponible pour les entendre.» - Stéphane Handfield

Me Handfield explique que la majorité de ceux qui entrent illégalement au pays ne le font pas parce qu'ils ont des choses à cacher, mais parce que leur demande serait probablement jugée irrecevable s'ils se présentaient à un poste frontalier pour demander le statut de réfugié. En entrant illégalement, selon le droit international s'appliquant aux réfugiés, ils obligent le Canada à les entendre.

La situation est la même au Manitoba

La tendance à la hausse des demandes de réfugiés semble la même au Manitoba, où l'on signale que le nombre de migrants qui traversent la frontière manitobaine à pied a augmenté de façon spectaculaire au cours des derniers mois.

« Rien qu’en janvier, nous avons ouvert une quarantaine de dossiers », souligne la directrice générale du Conseil multiconfessionnel d’aide à l’établissement des immigrants au Manitoba (CMAEIM), Rita Chahal.

Depuis avril 2016, le CMAEIM a ouvert 270 dossiers de réclamations du statut de réfugié. La grande majorité d’entre eux concerne des gens qui sont arrivés depuis l’automne.

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