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09/02/2017 07:35 EST | Actualisé 09/02/2017 09:57 EST

«Le goût du risque»: Pierre Hébert monte quelques marches (PHOTOS)

Vous ne courez aucun danger grave en vous déplaçant pour Pierre Hébert, sinon celui de vous amuser ferme.

Martin Girard

Vous ne courez aucun danger grave en vous déplaçant pour Pierre Hébert et son Goût du risque, sinon celui de vous amuser ferme. Avec son deuxième spectacle, qu’il inaugurait officiellement en première au Théâtre St-Denis, mercredi, celui qui vendait ses billets en se présentant comme «l’humoriste mystère», il y a un an, offre une solide prestation de stand up, qui ne réinvente pas les codes de l’humour, mais qui remplit avec brio sa mission de faire rire de bon cœur.

D’emblée, Pierre Hébert est un rassembleur. Les plus jeunes l’adorent pour sa participation à VRAK la vie et sa bouille de gentil garçon fait probablement fondre les dames âgées. Sur scène, il est à peu près parfait : présence du tonnerre, anecdotes livrées dans un rythme et un débit parfait, textes simples, mais ô combien efficaces (de lui, Pascal Mailloux, Julien Tapp et Martin Vachon, sous la perceptible script-édition de François Avard), jolie mise en scène parsemée de quelques surprises (de Charles Dauphinais), tout y est dans Le goût du risque pour nous faire passer un excellent moment d’humour. Pas de réflexions politiques ou de critique sociétale ici, ni de personnages, de bitcheries ou de méchanceté, que de bons gags terre-à-terre bien enrobés poussés par un humoriste attachant et visiblement heureux d’être là. Après tout, bien amenée, la simplicité a toujours bon goût.

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À sa juste valeur

Le goût du risque, c’est le fil conducteur du spectacle de tout juste 90 minutes. Parfois, les thèmes s’éloignent un brin de la prémisse, mais dans l’ensemble, celle-ci est particulièrement bien respectée. On constate rapidement que Pierre Hébert avait cette notion de risque très à cœur, et il lui fait honneur.

Il commence en revenant sur sa stratégie de publicité d’il y a un an, alors que son équipe et lui ont fait se questionner toute la province sur l’identité de cette vedette masquée qui tentait d’attirer le public dans ses salles en misant sur l’aventure. Au coût de 20$ le billet, fait-il valoir, il était moins cher d’aller l’applaudir que de payer la petite gardienne qui allait s’occuper des enfants pendant la soirée.

«Tu vends plus de billets quand les gens savent pas que c’est toi!», s’est exclamée l’amoureuse de Pierre en apprenant l’impressionnant résultat de 20 000 sièges réservés en deux jours. Bonne introduction tout en autodérision, un procédé qu’Hébert utilisera à quelques reprises par la suite. On ne peut s’empêcher de lever bien haut notre chapeau à Catherine, la dite conjointe de l’homme, qui fait office de tête de Turc un peu partout dans Le goût du risque, au point de quasiment devenir un «personnage» récurrent. Gentiment, bien sûr, Hébert étant apparemment transi d’amour ; il a même versé une larme en remerciant sa douce à la tombée du rideau!

Il enchaîne, entre autres, avec sa peur de la mort et son hypocondrie, le «pire duo» qui puisse cohabiter chez un être humain («C’est comme avoir la gastro pis le hoquet en même temps!»), un mauvais tour joué par «Pil Lafrise» (pour ne pas le nommer) à son mariage, son enterrement de vie de garçon dans un triste bar de danseuses à Cornwall, les conséquences d’un film d’horreur (et d’une poupée qui parle) chez sa personne, ses complexes physiques (lui qui se compare à ses voisins et à Claude Legault ; «Un ange qui a fait l’amour avec un arc en ciel ça donne Claude Legault»), ses malhabiles pas de danse, ses cours de moto à 35 ans («Je n’ai pas un look Harley Davidson, j’ai un look Bouclair»), son voyage de noces en croisière, l’arrivée de sa fille et, enfin, un hommage bien senti à sa petite Agnès de deux ans.

Or, la palme de l’hilarité, mercredi, fut attribuable au numéro de la plus ou moins bucolique balade à dos d’âne, qui a fait crouler l’assistance pendant qu’Hébert se traînait en vociférant d’un bout à l’autre de sa scène. C’était en effet réussi.

En guise de décor, le magnifique rideau de sphères lumineuses et colorées derrière Pierre accroche l’œil sans l’accaparer, et les saisissantes prouesses d’éclairages et d’effets sonores insérées à des instants précis frappent… fort. Des petits détails qui font la différence.

Difficile d’évaluer si le talent comique de Pierre Hébert avait été reconnu à sa juste valeur avec son premier one man show, il y a six ans, lequel avait vu s’envoler environ 26 000 billets et n’avait reçu aucune distinction de l’industrie. Grâce à sa campagne de promotion de l’an dernier, Hébert a su attirer l’attention sur lui, comme résultat que 50 000 billets ont déjà été écoulés pour sa présente tournée, avant même sa rentrée montréalaise. Son Goût du risque a déjà été certifié «Billet d’or» par l’ADISQ.

Mais, au-delà de cette fierté, ce deuxième spectacle servira probablement de véritable carte de visite à Pierre Hébert en tant qu’humoriste solo. On ne serait pas surpris de le voir aboutir dans la liste des finalistes du prochain Gala les Olivier, et sa proposition sans prétention s’attirera probablement de bonnes critiques et un bouche à oreille favorable, ce qui devrait augmenter encore son nombre de spectateurs. Si risque il y a réellement eu pour lui, il a été payant, et Pierre Hébert monte définitivement quelques marches professionnelles avec ce nouvel effort.

Lisez ici notre récente entrevue avec Pierre Hébert et voyez sur son site web toutes ses dates de spectacles.

 

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