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Une localité au Manitoba demande de l'aide devant un afflux de clandestins

La municipalité rurale d'Emerson-Franklin, située à la frontière canado-américaine dans le sud du Manitoba, demande de l'aide pour faire face à l'afflux grandissant de clandestins qui traversent la frontière.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a confirmé lundi que 22 réfugiés sont entrés illégalement au Canada au cours du week-end en traversant la frontière près d’Emerson.

« C’est complètement hors de notre contrôle », a déclaré Doug Johnston, conseiller pour la municipalité rurale d’Emerson-Franklin.

Le conseiller ajoute qu’avant le week-end dernier, il n’avait jamais vu autant de personnes traverser la frontière en si peu de temps. Par ailleurs, la directrice générale du Conseil multiconfessionnel d’aide à l’établissement des immigrants au Manitoba (CMAEIM), Rita Chahal, a annoncé que 10 dossiers concernant des réfugiés ont été ouverts la semaine dernière.

Avec la neige et des températures qui tournent autour des moins 20 degrés Celsius, Doug Johnston affirme qu’il est inquiet et craint qu’avec un tel rythme du nombre d’arrivées, quelqu’un va finir par mourir.

« On s’inquiète du fait que le flux du nombre de réfugiés pourrait augmenter lorsque le temps s’adoucira », précise le conseiller d’Emerson-Franklin.

Selon les services frontaliers, 410 demandeurs d’asile sont entrés au Canada près d’Emerson en l’espace de seulement neuf mois l’an dernier. C’est 340 de plus qu’en 2015-2016, et 68 de plus qu’entre 2013 et 2014.

Rencontre avec le fédéral et la province

Doug Johnston, le préfet d’Emerson-Franklin, Greg Janzen, et le député provincial Cliff Graydon souhaitent une rencontre avec les gouvernements fédéral et provincial le plus tôt possible afin d’établir un plan pour gérer le flux d’immigrants et répondre à la situation.

Du côté des services frontaliers, on assure que la vague d’arrivées au cours du week-end a mis la pression sur le personnel qui n’était pas en assez grand nombre et qui a dû faire appel aux responsables des mesures d’urgence à Emerson pour aider et loger temporairement les réfugiés dans un complexe communautaire local.

Base juridique floue

En temps normal, lorsque des réfugiés traversent la frontière, les équipes de pompiers locales ou la GRC les prend en charge et les amènent aux services frontaliers.

Au cours du week-end dernier, la GRC a aidé à héberger des réfugiés dans un centre communautaire où ils sont restés environ 12 heures, pendant que deux volontaires leur ont fourni des couvertures et des vêtements chauds.

Doug Johnston dit que le groupe de réfugiés mourrait de faim. « Habituellement, on ne donne pas de nourriture parce qu’on n’est pas censé le faire […] mais ce cas-ci est différent », ajoute-t-il.

La base juridique pour fournir un abri aux futurs demandeurs du statut de réfugié n’est pas claire, selon lui. Par conséquent, les résidents d’Emerson ne savent pas vraiment jusqu’à quel point ils sont autorisés à aider les réfugiés.

« Nous ne sommes pas trop sûrs si nous avons le droit de nous impliquer auprès de ces personnes », conclut Doug Johnston.

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