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Super Bowl LI : à la manière des Patriots

BILLET - La poussière est retombée sur le Super Bowl LI. J'ai toujours peine à croire ce à quoi nous avons eu la chance d'assister. Une confrontation à sens unique s'est transformée en un classique dont on parlera encore bien longtemps.

Le gouffre qui séparait Tom Brady de sa cinquième conquête du trophée Vince-Lombardi était tout simplement démesuré à mi-chemin du troisième quart.

Combler un écart de 25 points et espérer que l’attaque des Falcons d’Atlanta soit réduite à néant. Ce scénario, qui relève tout simplement de la fiction, les Patriots de la Nouvelle-Angleterre l’ont écrit avant de se couvrir de confettis.

Je ne me rappelle pas d’avoir été témoin d’un renversement de situation de la sorte.

Une infime partie de gens - et je ne m’inclus pas dans le lot - avaient encore espoir que Bill Belichick et son fidèle acolyte Brady réussiraient à faire basculer la rencontre en leur faveur.

À titre indicatif, avant ce match, jamais dans l’histoire du Super Bowl une équipe n’avait triomphé si elle s’était retrouvée en retard par plus de 10 points. Cette statistique témoigne allègrement du fait d’armes accompli par les Patriots.

Lorsque le secondeur intérieur Dont'a Hightower a créé un échappé au quart Matt Ryan et que le ballon a été ramassé par l’ailier Alan Branch, offrant à la Nouvelle-Angleterre une position très avantageuse sur le terrain, un vieux souvenir a traversé mon esprit.

Je me suis remémoré un certain duel opposant les Patriots aux Broncos de Denver. Au cours de ce match, remporté 34-31 en prolongation par les Bostoniens, Peyton Manning et sa bande ont vu leur avance de 24-0 fondre comme neige au soleil en une demie.

J’ai assisté à cet affrontement, disputé sous une température glaciale, et j’avais remarqué que plus l’écart se rétrécissait, plus la panique s’installait dans le camp des Broncos.

La totalité des formations du circuit Goodell est belle et bien consciente que Brady et Belichick peuvent réaliser de petits miracles. Lorsque les Patriots se sont approchés à 16, puis 8 points des Falcons, les Géorgiens ont perdu tous leurs moyens.

La gestion du cadran et le choix de jeux, principalement lorsqu’ils se sont retrouvés en position de placement au quatrième quart, ont certes donné un précieux coup de pouce aux Patriots.

Mais avant d’en arriver là, les unités offensive et défensive des champions ont réalisé plusieurs tours de force.

Et, finalement, ce qui devait arriver arriva. Pour la deuxième fois en trois ans, les Patriots ont fait taire leurs détracteurs qui les avaient enterrés un peu trop vite.

Héros obscurs

Le demi de coin Malcolm Butler s’est fait connaître lors du Super Bowl XLIX grâce à une improbable interception aux abords de la zone payante. Ce joueur non repêché est désormais l’un des meilleurs à sa position dans la NFL.

Le cas de Butler n’est pas étranger aux succès des Patriots. C’est même de cette manière qu’ils ont réussi à s’élever au rang de l’organisation la plus titrée depuis l’amorce des années 2000.

Brady a bien mérité son quatrième titre du joueur par excellence au Super Bowl. Il n’y a aucun doute. Mais son coéquipier James White doit également recevoir des fleurs pour son incroyable performance.

Le porteur de ballon, spécialiste du jeu aérien, avait 4 portées et 11 réceptions au compteur à ses 4 derniers matchs avant le Super Bowl LI. C’est bien peu.

Dimanche, Lewis a couru 6 fois pour 29 verges et 2 touchés et, surtout, il a capté 14 relais de Brady, un nouveau record du Super Bowl, pour 110 verges et 1 autre majeur.

Ce n’est ni LeGarrette Blount ni Dion Lewis, deux demis devant Lewis dans la hiérarchie des Patriots, qui ont mené les siens en terre promise, mais bien la 130e sélection (4e tour) du repêchage 2014.

Julian Edelman, 232e joueur appelé (7e tour) en 2009, a signé l’attrapé de la soirée lors d’une situation critique. Il est depuis quelques années le digne remplaçant de Wes Welker à Foxboro.

Et n’oublions pas que Brady est un choix de 6e tour, 199e au total en 2000. Les sélections tardives et les signatures de joueurs non repêchés ont manifestement bien servi les Patriots dans l’élaboration de leur dynastie.

La place de Brady dans l’histoire

Y a-t-il toujours un débat à savoir si Brady est au sommet du palmarès des quarts dans l’histoire de la NFL? Je ne crois pas, non.

Cette cinquième bague conforte, à mes yeux, la place du Californien au 1er échelon devant Joe Montana.

Les deux hommes ont joué à des époques bien différentes. Le marché des joueurs autonomes beaucoup plus agressif et le respect de la masse salariale sont, entre autres, deux variables qui désavantagent les pivots d’aujourd’hui.

Et malgré tout cela, Brady compte cinq championnats et sept présences au rendez-vous ultime. Sans rien enlever à Montana, qui a un curriculum vitae au Super Bowl qui ne pourrait pas être plus reluisant, il n’est plus LA référence à sa position.

Le quart de 39 ans a été vertement critiqué ces derniers mois pour son implication dans le scandale des ballons dégonflés.

Il a toutefois fait fi des commentaires peu élogieux à son endroit pour boucler la campagne de la meilleure manière qu’il soit, le Saint-Graal du football américain entre les mains.

Chapeau bas, M. Brady!

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