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06/02/2017 01:50 EST | Actualisé 06/02/2017 01:52 EST

Israël en passe de voter une loi controversée en faveur des colons

Le Parlement israélien examinait lundi une loi qui permettrait à Israël de s'approprier des centaines d'hectares de terres palestiniennes en Cisjordanie occupée, après que le Premier ministre Benjamin Netanyahu eut informé l'administration Trump.

Si elle est adoptée en deuxième et troisième lectures dans la nuit, comme cela paraît probable, la proposition reviendra à légaliser au regard du droit israélien le vol de terres palestiniennes, disent ses détracteurs.

Elle constituera un pas de plus vers une annexion au moins partielle de la Cisjordanie, que réclament ouvertement des ministres comme Naftali Bennett (Education), chef de file du parti Foyer juif, soulignent-ils.

Le débat sur ce texte déjà approuvé en première lecture en décembre dernier a paru incertain jusqu'au dernier moment, compte tenu des dissensions qu'il suscite, mais aussi du message adressé par la Maison Blanche après une rafale d'annonces israéliennes en faveur de la colonisation.

De Londres, M. Netanyahu a indiqué aux journalistes l'accompagnant qu'il avait informé le grand allié américain du projet et que le vote aurait bien lieu le jour même.

"On ne prend pas ses amis par surprise, on les informe. C'est ce que j'ai fait", a-t-il dit, cité par les médias.

Réduire les perspectives de paix

La Maison Blanche était sortie jeudi de deux semaines de silence pour freiner les ardeurs israéliennes sur la colonisation.

Depuis le 20 janvier et l'investiture de Donald Trump, présumé bien plus favorable que son prédécesseur Barack Obama, Israël a procédé à cinq annonces de colonisation portant sur plus de 6.000 nouveaux logements en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, territoires palestiniens occupés.

Le message de la Maison Blanche a été interprété comme signifiant à Israël qu'il ne pouvait pas préjuger des intentions américaines et saper l'action diplomatique future de l'administration Trump.

Une grande partie de la communauté internationale considère la colonisation comme un obstacle à la paix entre Israéliens et Palestiniens, en conflit depuis près de 70 ans.

Pour elle, la loi en cours d'examen favorise encore plus l'entreprise de colonisation, éloignant davantage la création d'un Etat palestinien indépendant coexistant avec Israël, solution de référence internationale au conflit.

Le coordinateur spécial de l'ONU pour la paix, Nikolay Mladenov, s'est dit "inquiet" que le texte ne "réduise grandement les perspectives de paix".

La loi permettrait de déclarer terres israéliennes des terrains privés palestiniens sur lesquels des Israéliens ont construit sans autorisation, soit parce qu'ils ignoraient qu'ils étaient propriétés privées, soit parce que l'Etat les aurait laissés faire. Les propriétaires palestiniens seraient compensés financièrement ou par d'autres terrains.

Netanyahu entre deux feux

Ceux qui défendent le texte disent qu'il permettra aux colons de ne plus craindre d'être chassés parce que la justice israélienne, saisie par des organisations de gauche, jugerait que leurs maisons ont été construites illicitement sur des terres privées palestiniennes.

C'est ce qui est arrivé la semaine passée aux 200 à 300 habitants de la colonie d'Amona en Cisjordanie. À la différence de la communauté internationale qui juge toutes les colonies illégales, Israël légitime la colonisation, et distingue entre implantations légales et illégales, comme Amona.

Le sort d'Amona a directement inspiré la loi en débat. Les défenseurs du texte invoquent le droit à construire sur des terres faisant partie selon eux de l'Israël biblique et le refus selon eux des Palestiniens de faire la paix.

Pour l'organisation israélienne anticolonisation La Paix maintenant au contraire, "la loi fera des citoyens israéliens des voleurs et constituera une tache dans les livres de loi d'Israël". Elle "légaliserait" 53 colonies "sauvages" et au minimum, plus de 800 hectares de terres palestiniennes seraient expropriées.

Le forcing des colons met à l'épreuve la cohésion du gouvernement, forçant M. Netanyahu à tenter de concilier réalités domestiques et internationales.

Il peut difficilement ne pas soutenir le texte. Mais, pour ne pas braquer la communauté internationale, il peut faire le calcul que la loi pourrait de toute façon être rejetée par la Cour suprême israélienne.

Adalah, une ONG défendant les droits des Palestiniens, a déjà fait savoir qu'elle saisirait la Cour suprême. Or plusieurs experts, dont le procureur général israélien Avichai Mandelblit, ont prévenu que la loi risquait de ne pas résister à l'examen de la Cour.

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