POLITIQUE
03/02/2017 11:08 EST

Pas de retour de Gerry Sklavounos au caucus libéral pour l'instant

Anadolu Agency via Getty Images
MONTREAL, CANADA - FEBRUARY 2: Premier of Quebec, Philippe Couillard delivers a speech during a funeral ceremony held for six people, who were killed in a shooting at a mosque in Quebec City late Sunday, at Maurice Richard Arena in Montreal, Canada on February 2, 2017. (Photo by Seyit Aydogan/Anadolu Agency/Getty Images)

Le sort réservé au député Gerry Sklavounos par ses anciens collègues libéraux demeure bien incertain.

S'il ne se retrouve pas devant une porte de caucus fermée à double tour, elle paraît à peine entrouverte.

Le député de Laurier-Dorion devra d'abord montrer patte blanche, faire amende honorable, en produisant une déclaration publique de bonne conduite envers les femmes, pour espérer, peut-être, retrouver sa place au sein de l'équipe libérale.

Le premier ministre Philippe Couillard a été clair sur ce point vendredi lors d'une mêlée de presse: la réintégration de M. Sklavounos dans le caucus libéral est loin d'être acquise, même si ce dernier a été totalement blanchi des allégations d'agression sexuelle qui pesaient contre lui.

"Sa réintégration éventuelle dans le caucus libéral ne peut être ni immédiate, ni automatique", a tranché le premier ministre, vendredi matin, après en avoir discuté avec ses députés.

S'il souhaite faire partie à nouveau de l'équipe libérale, l'ancien leader adjoint du gouvernement devra faire "une déclaration très forte, très sentie et très sincère" indiquant de quelle manière "comme personne, comme homme" il entend se comporter avec les femmes à l'avenir, notamment dans son milieu de travail.

Et même si le député devenu indépendant accepte ces conditions contraignantes, le premier ministre Couillard se réservera le droit de décider par la suite s'il convient ou non d'accueillir M. Sklavounos dans son équipe à nouveau.

"La décision finale, c'est moi qui la prend", a résumé M. Couillard, en marge d'une rencontre avec les membres de son caucus, au cours de laquelle les avis étaient partagés quant à l'accueil à réserver à leur ancien collègue.

Au moment d'énumérer ses conditions, M. Couillard a dit prendre en compte "la sensibilité des femmes du Québec sur cet enjeu" et a dit vouloir agir pour qu'elles se sentent en sécurité et respectées dans leur milieu de travail.

Signe supplémentaire d'un malaise, M. Couillard ne s'est pas entretenu avec l'ancien député libéral avant de livrer sa position aux médias.

Plus tôt, avant la réunion, aucun élu libéral, député ou ministre, n'avait voulu se prononcer publiquement en faveur de son retour à l'intérieur du caucus libéral.

Pourtant, jeudi, le député de Laurier-Dorion, exclu du caucus libéral en octobre dernier, en raison des allégations d'agression sexuelle qui pesaient contre lui, a été totalement blanchi par le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP). Après enquête, le DPCP a jugé qu'aucun acte criminel n'avait été commis dans ce dossier.

Son exclusion de l'équipe gouvernementale faisait suite à la plainte déposée par une jeune femme de Québec, Alice Paquet, qui soutenait que M. Sklavounos l'avait agressée sexuellement à deux reprises en 2014.

À la suite de la sortie publique de la plaignante, des médias ont rapporté les témoignages anonymes de plusieurs anciennes employées de l'Assemblée nationale, dont des pages, et aussi de jeunes militantes du Parti libéral du Québec, unanimes à relater la réputation d'homme à femmes du député, qui multipliait à toute occasion les remarques à caractère sexuel et les comportements déplacés envers les femmes.

Cependant, aucune d'entre elles n'avait déposé de plainte.

Ancien leader adjoint du gouvernement, Gerry Sklavounos, qui a été élu sous la bannière libérale en 2007 et réélu depuis sans interruption, avait indiqué jeudi qu'il comptait reprendre ses fonctions rapidement.

Il pourrait aussi choisir de siéger comme député indépendant.

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