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02/02/2017 12:09 EST | Actualisé 02/02/2017 12:11 EST

Le journaliste de «Quotidien» Paul Larrouturou expulsé manu militari en marge d'un déplacement de Marine Le Pen

Persona non grata à la convention présidentielle du FN qui se tient ce week-end à Lyon, les journalistes de Quotidien n'étaient manifestement pas les bienvenus au Salon des entrepreneurs que Marine Le Pen visitait ce mercredi en début d'après-midi.

Au terme d'une déclaration à la presse, le journaliste Paul Larrouturou a cherché à interpeller la candidate à l'élection présidentielle sur l'affaire des assistants du FN au parlement européen. C'est à ce moment que le service d'ordre du Salon a empoigné le reporter du Quotidien et l'a brusquement reconduit à la porte, selon la vidéo en tête d'article filmée par notre reporter présent sur place.

Dans une situation confuse, le ton est alors sèchement monté entre le journaliste et le service d'ordre, des menaces et des injures étant échangées loin de Marine Le Pen qui a poursuivi sa visite.

Le Front national avait-il passé des ordres pour écarter le Quotidien? Interrogé par Le HuffPost, le service de presse du parti d'extrême droite jure qu'aucune consigne n'a été passée. Au Lab, le FN explique aussi n'y être "strictement pour rien" dans cette altercation et que les vigiles concernés sont membres du "service d'ordre du Palais des Congrès".

Selon Sud Ouest, ces vigiles travaillent en réalité pour l'organisation du Salon des entrepreneurs, qui a affirmé au quotidien régional:

"Il y a beaucoup de journalistes, de visiteurs. Il y a eu un mouvement de foule pour s'approcher de Marine Le Pen. À un moment donné, la sécurité doit être respectée, autant pour les candidats qui se rendent au salon que pour les visiteurs et les journalistes. Et là, effectivement, la manière n'est pas... voilà. Les gens de la sécurité n'ont pas un rôle forcément facile. De l'autre côté de la caméra, on ne le voit pas, mais il y a une énorme bousculade. Et ils ne connaissent pas tel ou tel journaliste, ce n'est pas ciblé"

Selon nos informations, le service de sécurité privé qui assurait la couverture de l'événement est "1ère LIGNE Sécurité". Jointe par Le HuffPost, la société précise que ce sont "deux fonctionnaires de police qui nous ont demandé d'écarter ces deux individus provocateurs. Il y avait énormément de bousculade". Ce qui expliquerait les injonctions des deux vigiles qui ont reproché aux journalistes d'avoir heurté un agent de police.

La société assure n'avoir reçu aucune instruction de la part du Front national concernant la presse : "Nous, on n’obéit pas aux ordres du service d'ordre de Marine Le Pen. On n'est pas politisé. On est prestataire depuis 20 ans. On n'est pas des nouveaux. On a rarement vu autant de déchaînement." Selon notre journaliste présent sur place, si le déplacement de la candidate du FN s'est bien effectué dans un désordre certain, l'expulsion est intervenue à un moment plutôt calme.

Également contacté, Paul Larrouturou n'a lui-même pas compris ce qui lui arrivait. Dans la soirée, les trois journalistes de Quotidien ont indiqué avoir d'abord été repoussés par un homme qui "travaille pour Marine Le Pen".

Selon les images de Quotidien et les explications de Paul Larrouturou dans l'émission diffusée ce mercredi, ce serait un membre du service de sécurité de Marine Le Pen qui aurait d'abord donné l'ordre de l'expulsion.

Ce n'est pas la première fois que le journaliste du Quotidien est pris à partie dans le cadre d'un événement organisé par Front national. Lorsqu'il officiait au Petit Journal, alors animé par Yann Barthès, Paul Larrouturou et deux de ses collègues avaient été "encerclés par plusieurs militants après une interview de Bruno Gollnisch" puis frappés par des participants au traditionnel défilé du FN pour le 1er mai. Le service d'ordre du FN était alors intervenu pour les exfiltrer.

Le Front national refuse systématiquement d'accréditer les journalistes de Quotidien comme ceux de Mediapart.

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