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31/01/2017 07:43 EST | Actualisé 01/02/2018 00:12 EST

Un conseiller de Trump accuse l'Allemagne de profiter d'un euro "largement sous-évalué"

L'Allemagne utilise un euro "largement sous-évalué" pour "exploiter" ses principaux partenaires commerciaux, dont les Etats-Unis, a estimé mardi un conseiller du président américain Donald Trump, ce que la chancelière Angela Merkel et son gouvernement ont réfuté.

"Il est compliqué de considérer le TTIP (le projet d'accord de libre-échange transatlantique actuellement au point mort, NDLR) comme un accord bilatéral à cause de l'Allemagne, qui continue à exploiter d'autres pays de l'Union européenne ainsi que les Etats-Unis avec un +deutsche mark+ implicite qui est largement sous-évalué", a déclaré, dans une interview au Financial Times, Peter Navarro, nommé récemment à la tête d'un nouveau Conseil du commerce à la Maison Blanche.

Le deutsche mark est l'ancienne devise allemande.

"Le déséquilibre commercial structurel que l'Allemagne entretient avec le reste de l'Union européenne et les Etats-Unis souligne l'hétérogénéité économique au sein de l'UE, et donc (le TTIP) est un accord multilatéral déguisé en accord bilatéral", a par ailleurs estimé M. Navarro.

Interrogée au cours d'une conférence de presse à Stockholm sur les propos du conseiller américain, Angela Merkel a réfuté toute ingérence de Berlin dans la politique monétaire fixée par la Banque centrale européenne.

"Concernant la question de l'euro et de sa valeur, l'Allemagne est un pays qui a toujours plaidé pour que la Banque centrale européenne mène une politique indépendante, de la même façon que la Bundesbank en a mené une également quand il n'y avait pas encore l'euro", a déclaré la chancelière allemande pendant une conférence de presse.

"Nous n'exerçons pas d'influence sur les choix de la Banque centrale européenne. Donc je ne peux pas du tout, dans la situation telle qu'elle est, je ne veux rien changer du tout", a-t-elle ajouté.

Interrogé par l'AFP, le ministère allemand de l'Economie a quant à lui contesté point par point ces accusations, estimant que l'excédent courant de l'Allemagne, bien qu'élevé, "ne représente pas un déséquilibre excessif".

"Certes, un taux de change (de l'euro) plus faible face au dollar rend nos produits meilleur marché à l'étranger et tend ainsi à favoriser les exportations", mais cet effet "est actuellement plus que compensé par la hausse des prix des matières premières", relève le ministère dans un long communiqué transmis par courriel.

Du reste, à ses yeux, les comptes courants allemands sont avant tout le reflet de "la forte compétitivité" de la première économie européenne.

L'euro, qui était déjà en légère hausse face au dollar, a encore progressé peu après la publication de l'article du FT reproduisant les propos du conseiller de Donald Trump.

Vers 12H10 GMT, l'euro valait 1,0763 dollar (contre 1,0695 dollar lundi soir), alors qu'il évoluait autour de 1,0710 avant ces déclarations.

Traditionnel défenseur du libre-échange sous des administrations démocrates comme républicaines, les Etats-Unis ont commencé à effectuer, sous l'impulsion de leur nouveau président, un changement de cap radical, préférant les accords bilatéraux à de méga-accords régionaux.

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