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31/01/2017 06:01 EST | Actualisé 01/02/2018 00:12 EST

UE: Rome rejette un ajustement budgétaire pouvant affecter sa croissance, mais ouverte à certaines mesures

Le gouvernement italien s'est dit hostile mardi à un ajustement budgétaire pouvant affecter sa fragile croissance, mais serait prêt à mettre en oeuvre certaines mesures, alors que Bruxelles lui a demandé de revoir son budget 2017.

"Notre réponse ne peut être que négative: nous ne pouvons pas accepter un ajustement budgétaire qui déprime la spirale de la croissance", a affirmé le ministre des Affaires étrangères, Angelino Alfano.

"Nous nous trouvons à un moment particulièrement important parce que nous sommes en train de reprendre le chemin de la croissance et nous ne pouvons pas mettre des sacs de sable sur ce chemin", a-t-il ajouté en marge d'une réunion de la Confindustria, le syndicat du patronat italien.

Interrogée par l'AFP, une source proche du gouvernement a indiqué que celui-ci refusait "un ajustement budgétaire improvisé" susceptible d'avoir des "effets dépressifs sur la croissance", mais qu'il était prêt à une stratégie de long terme, avec des mesures telles que la lutte contre la fraude fiscale.

La Commission européenne a envoyé mi-janvier une lettre à Rome pour lui demander de revoir son budget 2017, exigeant un effort de 3,4 milliards d'euros, soit 0,2 point de pourcentage de son PIB, sous peine de procédure d'infraction.

Elle exige de Rome des réponses précises d'ici mercredi.

L'Italie a adopté pour 2017 un budget prévoyant un déficit à hauteur de 2,3% du PIB, un chiffre nettement plus élevé que les 1,8% exigés initialement par Bruxelles, alors que la dette publique de l'Italie (133% du PIB en 2016) est la deuxième plus importante de l'UE.

L'Italie met en avant des circonstances exceptionnelles, à savoir notamment les tremblements de terre ayant secoué la péninsule et la vague massive d'immigration qu'elle doit gérer.

Rome estime nécessaire de soutenir la croissance fragile de l'Italie. "Le meilleur moyen de faire baisser la dette est la croissance, donc c'est la croissance qui est prioritaire pour le gouvernement", a ainsi souligné récemment le ministre des Finances, Pier Carlo Padoan.

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