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31/01/2017 09:09 EST | Actualisé 01/02/2018 00:12 EST

Trump nuira-t-il aux chances de l'Amérique du Nord d'accueillir le Mondial?

GENÈVE, Suisse — Quand Donald Trump n'était que candidat à l'élection présidentielle, le monde du football croyait que les États-Unis, le Mexique et le Canada constitueraient un bon trio pour présenter une candidature nord-américaine à l'obtention de la Coupe du monde 2026.

C'est toujours le cas, même si le candidat est maintenant le président Trump.

Plusieurs estiment que cette candidature éventuelle serait une bonne option pour la FIFA. Il se pourrait même qu'une telle candidature soit la seule crédible, bien que les gouvernements fédéraux devraient l'appuyer afin d'assurer la sécurité des équipes, des dirigeants, ainsi que des centaines de milliers de partisans qui visiteraient ces trois nations.

Ces visiteurs — et probablement quelques joueurs — proviendraient toutefois de pays qui ne sont plus les bienvenus aux États-Unis, selon un décret du président.

À la FIFA, plusieurs sont d'avis qu'il est grand temps que le Mondial se transporte en Amérique du Nord. En 2026, 32 ans se seront écoulés depuis que la CONCACAF a organisé l'événement pour la dernière fois. Les quatre autres confédérations en mesure de tenir l'événement l'auront eu au moins une fois d'ici là.

Qui plus est, la FIFA a interdit à l'Europe et à l'Asie de présenter une candidature pour 2026, une règle mise en place pour donner une vraie chance aux autres continents.

L'Amérique du Sud et l'Afrique pourraient se porter candidates. Mais l'Amérique du Sud préférerait miser sur le centenaire du Mondial, en 2030, avec une candidature qui inclurait l'hôte original, l'Uruguay. En coulisses, on chuchote que l'Afrique ne représente pas une option réaliste pour l'instant.

La Coupe du monde comptera aussi 48 équipes au lieu de 32, ce qui représente une charge supplémentaire pour le pays hôte.

La FIFA décidera du pays hôte en mai 2020 — en plaine campagne pour la prochaine élection présidentielle.

Voici comment ce Mondial 2026 pourrait être affecté par la présidence de Trump:

Les règles

Pour l'instant, il n'y a pas d'appel de candidatures pour le Mondial 2026. La FIFA n'a pas contacté d'éventuels candidats et les États-Unis ne se sont pas engagés à se porter candidat. Aucune entente formelle n'a été convenue avec le Canada et le Mexique pour une éventuelle candidature tripartite.

On devrait en savoir davantage en mai, lors de son congrès annuel tenu au Barheïn.

Les dirigeants des férérations des États-Unis, du Canada et du Mexique devraient alors attirer l'attention de tous les représentants. Ce sont eux qui seraient en charge d'une éventuelle candidature, pas le gouvernement de ces trois pays.

La FIFA voudra tout de même que les législateurs des pays candidats s'engagent à appuyer la tenue d'un tournoi sur un mois avec tous les coûts de sécurité que cela entraîne.

Pourquoi les États-Unis voudraient se porter candidat?

La Coupe du monde sera l'événement sportif le plus regardé de 2026. Certains des matchs de la phase finale attirent plus d'un milliard de téléspectateurs.

Si le tournoi a surtout lieu aux États-Unis, il établira des records pour l'assistance et les revenus publicitaires pour la FIFA. Des centaines de milliers de gens s'y déplaceraient pour assister aux 80 matchs des 48 sélections sur 32 jours.

Les États-Unis semblent destinés à obtenir la compétition en 2026 après avoir perdu celle de 2022 au profit du Qatar. Par ailleurs, l'ajout de 16 équipes par la FIFA fait en sorte que le tournoi ne pourra être tenu que dans des pays disposant d'importantes infrastructures ou prêts à débourser plusieurs milliards pour les construire.

Si les États-Unis pourraient organiser seuls le tournoi, il est peu probable que le Canada ou le Mexique puisse faire de même.

Une candidature tripartite apparaît comme une avenue plus diplomatique pour les membres de la FIFA.

De bons voisins

L'option nord-américaine est sûre pour la FIFA, et un message fort a été envoyé le 10 janvier dernier.

Les présidents des associations canadiennes et américaines, Victor Montagliani et Sunil Gulati, se trouvaient dans la salle du conseil de la FIFA quand il a été décidé de passer à 48 clubs.

Le président de l'association mexicaine, Decio de Maria, était aussi à Zurich, où il a pris part à des discussiosn tripartites informelles. Le signal était clair, et ça ne nuit pas que Montagliani et Gulati parlent tous deux espagnol.

Personne n'est prêt à confirmer une candidature à trois, mais personne ne le nie non plus.

«Nous allons étudier cela. Nous avons d'excellentes relations avec le Canada et le Mexique», a déclaré Gulati en octobre.

Si les relations entre les trois associations sont chaleureuses, ce qui n'est toutefois pas le cas de celles entre le président Trump et le président mexicain, Enrique Pena Nieto, qui a annulé une visite prévue à Washington cette semaine.

Des problèmes de frontières et la construction éventuelle d'un mur pourraient s'avérer problématiques à la tenue de la Coupe du monde. La FIFA ne voudrait pas de deux nations incapables de s'entendre sur les questions de sécurité nationale.

Les visas

Des sept pays de confession majoritairement musulmane assujettis au décret du président américain, lesquels pourraient se qualifier en 2026?

L'Iran et peut-être l'Iraq, dans le format actuel du tournoi. L'Algérie, l'Arabie Saoudite, l'Égypte, le Maroc, l'Ouzbekistan et la Tunisie seraient dans la lutte dans un format à 48 clubs.

La FIFA est déjà intervenue dans le passé pour que les problèmes de visas ne viennent pas miner la compétition, plus récemment auprès de la Russie, qui a assoupli son processus de demande de visa afin d'obtenir l'organisation du tournoi en 2018.

L'appui de Trump

Autant Gulati que Montagliani ont été prudents dans leurs propos au sujet de leur foi en l'appui de Trump.

«Nous allons travailler de concert avec lui, a affirmé Gulati quelques jours après son élection. Si nous nous portons candidat, nous aurons besoin d'une proche collaboration avec le gouvernement dans plusieurs aspects. J'ai hâte de travailler avec lui. C'est un grand fan de sports.»

«C'est un énorme partisan de sports; il l'a démontré dans le passé», a quant à lui indiqué Montagliani le 10 janvier dernier.

À titre de président-élu, Trump a donné son appui à la candidature de Los Angeles pour les Jeux olympiques d'été de 2024, qui seront attribués en septembre.