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31/01/2017 01:59 EST | Actualisé 01/02/2018 00:12 EST

Roumanie: le chef du PSD devant la justice en plein scandale sur un projet de grâce

Le chef des sociaux-démocrates roumains(PSD, au pouvoir) Liviu Dragnea a brièvement comparu en justice mardi à Bucarest au premier jour d'un procès pour emplois fictifs, en plein scandale autour d'un projet de décrets qui mettrait des hommes politiques à l'abri d'enquêtes.

Empêché de briguer la tête du gouvernement en raison d'une précédente condamnation, malgré sa victoire aux législatives de décembre, M. Dragnea doit répondre de faits présumés d'abus de pouvoir remontant à 2006-2012, alors qu'il était président du conseil départemental de Teleorman (sud).

"Ce dossier est basé sur de faux témoignages", a-t-il déclaré aux journalistes massés devant la Haute Cour de cassation et de justice, où s'ouvrait mardi ce procès de première instance. L'audience a été ajournée au 14 février.

Cette comparution intervient en pleine controverse suscitée par l'intention du gouvernement social-démocrate de gracier environ 2.500 détenus purgeant des peines allant jusqu'à cinq ans de prison et de dépénaliser certaines infractions dont, dans certaines conditions, l'abus de pouvoir.

Plusieurs dizaines de milliers de Roumains ont manifesté ces dernières semaines contre ce projet, accusant le gouvernement de favoriser des hommes politiques déjà condamnés ou visés par des enquêtes.

Partisan de ces nouvelles dispositions, qui selon lui visent à "mettre la législation en accord avec des décisions de la Cour constitutionnelle", M. Dragnea a souligné qu'aucune d'entre elles "ne peut (l)'aider" dans les affaires le concernant.

Le gouvernement, qui a également mis en avant le souhait de désengorger les prisons, avait dans un premier temps prévu d'adopter les deux textes par décrets d'urgence, sans passer par le Parlement.

Mais suite au tollé, le ministre de la Justice Florin Iordache a annoncé qu'il prendrait en considération les recommandations de la magistrature avant de décider de la marche à suivre.

Le président de centre droit Klaus Iohannis, hostile aux nouvelles dispositions, a pour sa part annoncé son intention de convoquer un référendum sur ce thème.

Dans un dossier distinct de celui évoqué mardi à Bucarest, M. Dragnea, qui reste l'homme fort du Parti social-démocrate, avait été définitivement condamné en avril à deux ans de prison avec sursis pour fraude électorale en 2012.

mr/phs