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31/01/2017 06:00 EST | Actualisé 01/02/2018 00:12 EST

Ponctualité, disponibilité: Alpha Condé revisite l'étiquette de l'UA

Le nouveau président en exercice de l'Union Africaine (UA), le guinéen Alpha Condé, a édicté mardi les nouvelles règles de conduite au sein de l'organisation, à commencer par la ponctualité, dans une intervention remarquée lors de la clôture du sommet de l'UA, à Addis Abeba.

Règle numéro 1: "Si nous disons 10H00, nous devons commencer à 10H00", a décrété M. Condé, reprenant à son compte l'esprit d'une série de recommandations du président rwandais Paul Kagame pour améliorer l'efficacité d'une organisation souvent décriée pour sa lourdeur.

"Comment peut-on expliquer que quand nous avons des réunions avec des pays extérieurs, nous sommes à l'heure, que ce soit en Chine, au Japon, ou en Inde? Et pourquoi ne serions-nous pas à l'heure à nos réunions?".

"Pourquoi quand nous allons dans ces réunions, nous restons jusqu'à la fin et pourquoi quand nous venons de loin à Addis Abeba, dès l'ouverture (du sommet), nous partons. Il faut que les chefs d'Etat respectent notre organisation", a-t-il martelé, sous les applaudissements de l'assemblée.

De même, selon M. Condé, les chefs d'Etat doivent assister en personne aux grands rendez-vous du continent, sommet de l'UA en tête.

"Si nous sommes convaincus que nous devons renforcer notre organisation, alors le chef d'Etat doit être là lui-même" et non pas se faire représenter par un ministre ou un ambassadeur, a-t-il ajouté.

Sur un mode plus léger, M. Condé a partagé avec l'assemblée sa désolation lorsque des interprètes de l'UA lui ont appris qu'ils travaillaient avec des "micros des années 60".

"Comment peut-on concevoir qu'à l'époque des nouvelles technologies, nous travaillions encore avec les micros des années 60?"

"Comment pouvons-nous expliquer que la connexion internet soit très lente dans notre siège alors qu'à côté, à la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique, l'internet marche mieux?", s'est-il exclamé.

Les difficultés décrites par M. Condé sont d'autant plus paradoxales que le siège de l'UA est un impressionnant complexe flambant neuf, cadeau de la Chine au continent en 2012.

"Le siège ne sert à rien si les conditions de travail ne sont pas à la hauteur", a lancé M. Condé.

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