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31/01/2017 02:51 EST | Actualisé 31/01/2017 04:40 EST

«Mémoires vives» se terminera en décembre 2017 à Radio-Canada

SGauvin

Mémoires vives prendra fin en décembre prochain. L’auteure Chantal Cadieux a annoncé mardi, en conférence de presse téléphonique, qu’elle conclura l’écriture de sa série en juin.

Lorsque les personnages quitteront l’antenne, à la fin de 2017, ce sont 120 épisodes et cinq années complètes de Mémoires vives qui auront occupé les ondes. Rappelons que l’histoire des Hamelin-Berthier, des Landrie et de la petite Laurie jadis disparue, puis retrouvée, a débuté à l’écran en janvier 2013. Mémoires vives est une production de Sphère Média Plus.

Chantal Cadieux a avoué considérer avoir «fait le tour» de son univers aux ramifications familiales complexes et chargé de mystère, après tout ce temps.

«Écrire comme ça, tous les jours, c’est beaucoup de temps, beaucoup d’énergie. Je n’ai pas de problèmes de santé, mais il faut quand même prendre soin de soi. Après une écriture comme ça, qui est un marathon, il faut penser à se reposer. J’écris tout le temps, tous les jours, c’a été six ans d’écriture sans arrêt. Et, si je veux une autre série télé, encore un téléroman pour quelques années, il faut arrêter, pour prendre le temps de penser à une nouvelle idée. J’espère écrire une nouvelle série dans les prochains mois», a indiqué celle qui avait auparavant offert Providence à Radio-Canada.

La fin de Mémoires vives ne se passera donc pas exactement comme celle de Providence pour la créatrice puisque, lorsqu’elle avait complété ce précédent chapitre, lequel avait duré sept ans, elle avait appris, quelques semaines plus tard, qu’elle était atteinte d’un cancer. «C’était surtout dû à la fatigue, mais cette fois, ce n’est pas ça», a assuré Chantal Cadieux.

Une note d’espoir

Les comédiens de Mémoires vives ont appris quelques heures plus tôt que les journalistes que le projet arrivait à son dernier souffle. C’est la productrice Sylvie Gaudreault qui leur a transmis la nouvelle.

«Ça s’est bien passé, je pense. C’est sûr que, pour les comédiens, c’est toujours une nouvelle un peu triste, parce qu’ils se sont attachés à leurs personnages, à l’équipe. Moi, j’ai voulu les rassurer sur le fait que je n’arrête pas parce qu’ils ne m’inspirent plus ; ce n’est pas ça du tout. J’ai une reconnaissance admirative devant le travail qui est fait par les comédiens et comédiennes. Et tous m’ont écrit ou texté, pour me dire : «On comprend, on aurait voulu que ça continue, mais on est avec toi, merci pour le personnage».  Ils s’en doutaient un petit peu, aussi. Ce n’était pas une très grande surprise, mais c’est sûr qu’ils ont de la peine», a détaillé Chantal Cadieux, qui promet de boucler toutes ses intrigues avant de tirer sa révérence.

«On va savoir tout ce qui se passe avec le docteur Laramée, le futur de Jérémie, les amours et la vie de Claire, et on va aussi avoir des surprises, je l’espère!»

Chantal Cadieux n’a pas encore d’idée précise du cadre dans lequel se situera sa prochaine œuvre télévisuelle, mais elle compte faire une nouvelle proposition à Radio-Canada d’ici quelques mois.

Elle se concentre pour l’instant sur l’élaboration des huit épisodes de Mémoires vives qu’il lui reste à fignoler, et qui devraient s’achever dans le bonheur.

«J’aime bien laisser sur une note d’espoir», a-t-elle laissé planer.

Le téléroman, un défi

Les décideurs de Radio-Canada ont affirmé appuyer Chantal Cadieux dans sa décision de se retirer avant que son moulin ne manque complètement d’eau.

«Non sans un petit pincement de cœur», a toutefois précisé Dominique Chaloult, directrice générale de la télévision de Radio-Canada.

André Béraud, premier directeur des dramatiques et longs-métrages, a pour sa part encensé le talent de Chantal Cadieux et des autres artisans de Mémoires vives. Car, a-t-il expliqué, la tâche quotidienne de faire vivre un téléroman (ou «série dramatique annuelle») est colossale, et de plus en plus rares sont les plumes qui ont envie de tels défis.

«C’est une question d’exigence. Faire 24 épisodes d’une série dramatique aux États-Unis, c’est la norme, mais au Québec, nos auteurs écrivent seuls. De pouvoir fournir 24 épisodes avec le ton, le rythme, le nombre de scènes, les revirements auxquels le public est habitué, c’est un travail de titan. Et, trouver des titans, ce n’est pas toujours facile…»

«Ça prend des personnes exceptionnelles pour écrire du téléroman, a renchéri Jocelyn Deschênes, président de Sphère Média Plus. Ça prend des gens qui ont du souffle, qui sont capables de créer un univers romanesque, et de le livrer sur quatre ou cinq ans. Moi, je les appelle les Balzac modernes.»

Or, avec la mort annoncée de L’Auberge du chien noir ce printemps, et celle anticipée de Mémoires vives, restera-t-il des «Balzac modernes» en action à Radio-Canada l’an prochain, mis à part Danielle Trottier, l’âme d’Unité 9? Autrement dit, Ruptures et Les pays d’en haut étant des séries saisonnières, la chaîne publique compte-t-elle propulser un nouveau téléroman en septembre?

«Ce n’est pas définitif. On joue encore avec quelques cartes. On n’est pas assez avancés pour parler de ça», a tranché Dominique Chaloult, spécifiant toutefois que Radio-Canada a «quand même des projets en développement». La prochaine ébauche de fiction de Chantal Cadieux sera, entre autres, attendue avec impatience.

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