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31/01/2017 10:55 EST | Actualisé 01/02/2018 00:12 EST

Les associations américaine et nationale à contresens

BILLET - Ça y est, nous y sommes. Après 17 semaines d'activités, 3 tours éliminatoires et le toujours « très intéressant » Pro Bowl, nous voici à quelques jours du rendez-vous décisif, le Super Bowl. En songeant aux deux équipes championnes de leur association, je me suis mis à me questionner : se pourrait-il que la NFL soit une ligue professionnelle où la parité et la disparité s'entrechoquent?

Un texte de Félix St-Aubin

Lorsque j’analyse le circuit Goodell et ses 32 organisations, j’ai la nette impression qu’une ligne est tracée entre les associations américaine et nationale.

Au cours des 14 dernières saisons, soit depuis 2003, les quarts Ben Roethlisberger (3 fois), Peyton Manning (4 fois) et Tom Brady (6 fois) ont été d’office pour le dernier duel de la campagne à 13 occasions.

Pas moins de six fois, deux des membres de ce trio se sont retrouvés l’un devant l’autre avec un laissez-passer pour le Super Bowl comme récompense pour le vainqueur.

Les trois futurs membres du Temple de la renommée du football américain n’ont laissé que des miettes aux autres équipes de l’Américaine. L’exception à la règle : Joe Flacco et les Ravens de Baltimore en 2012.

La parité n’est certainement pas un mot qui décrit l’association qui a sacré 8 des 13 derniers champions du trophée Vince-Lombardi.

Sept des 16 formations de l’Américaine ont disputé la finale de leur association pendant cette hégémonie. C’est bien peu. Faites le calcul, moins de 50 % des organisations n’ont pas franchi le deuxième tour des séries depuis 2003. Je répète : 2003.

En ce qui a trait à la Nationale, c’est l’opposé qui se produit. Eli Manning (2) et Russell Wilson (2) sont les deux seuls quarts partants à avoir pris part au tour ultime à plus d’une occasion durant la même période.

Mieux encore, les Seahawks de Seattle sont la seule organisation à avoir obtenu le statut de représentant de la Nationale à deux reprises lors des neuf dernières saisons. Aucun doute, cette statistique est révélatrice.

D’une campagne à l’autre, un nouveau prétendant émerge et se greffe au peloton de tête aspirant aux grands honneurs. Et il n’est pas rare que l’inverse se manifeste.

Nous n’avons pas à remonter bien loin dans le temps pour noter deux exemples. Comparons les résultats des Cardinals de l’Arizona et des Panthers de la Caroline au cours des deux dernières années.

Considérées comme deux des trois formations les plus complètes du circuit à l’issue de la saison 2015, les finalistes de la Nationale de la même année ont vécu une chute vertigineuse ces derniers mois.

Ces deux dégringolades ont ouvert le chemin à des équipes qui étaient plus bas au classement. Les Cowboys de Dallas et les Falcons d’Atlanta ont pris possession des places laissées vacantes et ont ainsi poursuivi ce continuel changement de garde.

L’occasion de se couvrir de confettis qui se présente aux Falcons ne se reproduira peut-être pas avant un long moment. N’oublions pas que l’attente entre leurs deux participations au Super Bowl s’est échelonnée sur 18 années. Aussi bien saisir cette occasion lorsqu’elle se présente devant soi.

Remaniement au sommet

Je m’en voudrais de ne pas aborder un point concernant l’Américaine. Comme mentionné précédemment, trois hommes, et un cas singulier ont monopolisé l’emprise sur cette association lors des 14 dernières campagnes.

Cette gouvernance des Manning, Roethlisberger et Brady sera bientôt chose du passé.

Le premier a raccroché ses crampons il y a un peu moins de 11 mois, le deuxième songe à tirer sa révérence et le troisième soufflera ses 40 bougies en août prochain.

D’ici le début de la saison 2019, il est fort probable que l’on parle de ce trio en entier au passé plutôt qu’au présent. Et cela m’a apporté ce questionnement : quelles équipes et quels quarts prendront le relais?

J’ai aisément écarté les deux tiers des formations de cette association sans avoir à y réfléchir longuement. Le manque de profondeur à des positions importantes ou les points d’interrogation au poste de quart ne leur permettent pas d’aspirer au sommet. Du moins, pas pour l’instant.

Après mûre réflexion, j’en suis venu à la conclusion qu’une seule équipe pouvait réellement avoir des visées légitimes sur la tête de l’Américaine. Il s’agit des Raiders d’Oakland.

De grands souliers à chausser

Derek Carr est du nombre des jeunes meneurs offensifs de la ligue ayant le plus de potentiel. Une bonne partie de celui-ci a déjà été atteinte, mais il a encore une certaine marge de manœuvre pour s’améliorer.

Lorsqu’il était aux commandes de l’attaque, les trois sphères du jeu en récoltaient les dividendes.

Les Raiders, longtemps dans les bas-fonds de l’Américaine, ont remonté à la surface en 2016 et se retrouvaient même au coude-à-coude avec les Patriots avant que Carr ne mette un genou au sol.

Le produit de la modeste université Fresno State était vu par plusieurs experts, à la mi-saison, comme le successeur de Cam Newton à titre de joueur par excellence.

Carr a d’ores et déjà redonné beaucoup de crédibilité et de pertinence à son organisation en seulement trois ans. L’état-major l’a entouré et lui a offert des outils pour réussir ce redressement.

La direction n’a toutefois pas mis tous ses œufs dans le même panier et a ajouté un peu de chair autour de l’os du côté de la défense. Message aux Colts d’Indianapolis : prenez des notes.

Carr, donc, a fait le saut chez les professionnels à un moment propice. D’ici deux ans, voire trois au maximum, il sera permis à tous les quarts de l’Américaine qui ne se nomment pas Brady, Manning ou Roethlisberger de rêver au Super Bowl.

Mais avant que le trio émérite se retrouve en intégralité à l’extérieur des limites du terrain, l’un des membres aura la possibilité de récolter une cinquième bague à sa septième présence en finale.

D’ailleurs, à titre comparatif, 28 des 32 formations ne peuvent pas se targuer d’avoir participé à autant de rencontres du Super Bowl.