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31/01/2017 08:52 EST | Actualisé 01/02/2018 00:12 EST

L'après attentat: le ton du discours sur la laïcité doit changer, dit Couillard

QUÉBEC — Les mots peuvent être des couteaux, ils peuvent blesser, d'où l'importance de bien les choisir lorsqu'on aborde les questions de laïcité, d'identité et d'intégration des immigrants, a prévenu mardi le premier ministre Philippe Couillard, en point de presse, deux jours après l'attentat survenu dans une mosquée de Québec, qui a fait six morts et plusieurs blessés.

Sur le plan politique, il y a un «avant» et un «après» cet attentat terroriste visant la communauté musulmane de Québec, a-t-il convenu, alors qu'il faisait le point sur les mesures prises par son gouvernement en vue de venir en aide aux familles des victimes.

Il a insisté sur le fait que le discours politique, tous partis confondus, devait dorénavant adopter un ton plus positif.

Tous les Québécois devraient se sentir responsables de la fusillade survenue dans cette mosquée, a-t-il dit, mais personne en particulier. Chaque société a ses démons, xénophobie, racisme, exclusion, et aucune n'est parfaite, a commenté le premier ministre, entouré de cinq ministres.

L'accusé en relation avec la fusillade est un jeune homme sans histoire, sans passé criminel, scolarisé, domicilié en banlieue de Québec, qui s'est radicalisé récemment sans que personne, apparemment, ne s'en aperçoive.  

L'an dernier, le gouvernement avait adopté un plan ambitieux de lutte à la radicalisation, qui visait justement à prévenir ce type d'attentats, mais il n'est pas question de le modifier ou de l'étoffer, à la lumière de la tragédie survenue dans la mosquée dimanche.

Ce plan de prévention de la radicalisation est salué partout sur la planète, a commenté le premier ministre, en soutenant qu'au contraire cette tragédie nous montrait la direction à poursuivre.

Le débat sur le «vivre ensemble» au Québec demeure essentiel, a-t-il dit, mais à condition que les mots choisis pour en parler contribuent à favoriser une société plus ouverte, plus tolérante et accueillante.

Car il convient de faire attention au message livré en filigrane par certains élus, au message sous-jacent de leurs discours, qui laisserait entendre que l'étranger est une menace, une atteinte à l'identité québécoise, selon lui.

Le premier ministre avait subi les foudres de l'opposition caquiste quand il avait déclaré que son chef François Legault attisait les braises de l'intolérance, en posant des questions sur les seuils d'immigration.