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31/01/2017 02:20 EST | Actualisé 01/02/2018 00:12 EST

Irak: une députée yézidie pourrait être empêchée d'aller aux Etats-Unis recevoir un prix

Une députée irakienne d'origine yézidie a indiqué mardi que le décret anti-immigration de Donald Trump pourrait l'empêcher de se rendre à Washington pour recevoir une récompense pour sa défense de cette minorité persécutée.

Le nouveau président américain a pris vendredi un décret interdisant aux ressortissants d'Irak, d'Iran, de Syrie, du Yémen, de Libye, de Somalie et du Soudan d'entrer aux Etats-Unis pour 90 jours, le temps de revoir les critères d'octroi de visas, affirmant que ces pays musulmans étaient des viviers de "terroristes radicaux".

"Ce n'est pas encore clair si je peux voyager ou non", a dit à l'AFP la députée Vian Dakhlil.

Elle doit recevoir un prix décerné par la Fondation Lantos pour les droits de l'Homme et la justice pour son combat en faveur des femmes yézidies enlevées par milliers en 2014 dans le nord de l'Irak par le groupe Etat islamique (EI), qui en a fait des esclaves sexuels.

Vian Khalil avait mis sur le devant de la scène internationale les exactions commises par l'EI contre cette communauté kurdophone que les jihadistes considèrent comme hérétique.

"La décision (de l'administration américaine) est une surprise", a dit cette député, qui a expliqué que l'ambassade irakienne et la Fondation Lantos travaillaient sur son cas.

Des dérogations pourraient être accordées et son statut de députée irakienne pourrait l'aider à contourner les restrictions américaines.

La Fondation a décidé de récompenser Mme Dakhil pour son "courage à défendre le peuple yézidi, confronté il y a deux ans auparavant à un génocide de l'EI, et pour sa mission en vue de sauver les femmes devenues esclaves sexuelles".

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