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31/01/2017 06:17 EST | Actualisé 01/02/2018 00:12 EST

Grèce: le personnel de l'empire médiatique DOL se mobilise contre sa fermeture

Le personnel de l'empire médiatique grec DOL, menacé de fermeture pour surendettement bancaire, s'affirmait déterminé mardi à poursuivre la publication des titres, dans l'espoir d'une restructuration.

Le sort du groupe, clairement rangé dans l'opposition au Premier ministre de gauche Alexis Tsipras, nourrit la polémique politique depuis des mois.

Le navire amiral de DOL, le quotidien Ta Néa (centre, tirage de 14.000 exemplaires), était toujours dans les kiosques mardi, en dépit de l'annonce samedi par la direction de sa prochaine cessation de publication.

"Notre but est de faire vivre les titres jusqu'à une restructuration, sinon ils perdraient toute valeur", a expliqué à l'AFP un représentant syndical, Costas Delezos.

Il s'agit aussi de "protéger les droits" des quelque 500 employés, dont près de la moitié sont des journalistes, et qui, selon lui, "ne sont pas payés depuis six mois", alors que le groupe doit près de 200 millions d'euros.

Un Comité s'affirmant représentatif de l'ensemble du personnel a été mis sur pied pour organiser cette survie.

Il réclame le vote d'un amendement interdisant la saisie par les banques créancières des revenus des ventes, afin que ces sommes couvrent en partie les salaires et frais de fonctionnement.

Dol, qui possède aussi l'hebdomadaire de référence To Vima, de nombreux magazines, des sites d'information et la radio Vima FM, est dans l'attente de la nomination d'un administrateur par les trois banques grecques qui lui ont coupé les crédits.

Son président, Stavros Psycharis, qui avait reconnu devant une commission d'enquête avoir bénéficié de complaisances bancaires pour des prêts sans garantie, est par ailleurs poursuivi pour fraude fiscale et blanchiment d'argent.

Pour les pro-Tsipras, le groupe incarne les décennies de collusion médiatique avec les pouvoirs politiques et financiers auxquelles le premier ministre a promis de mettre fin.

L'opposition accuse au contraire l'équipe au pouvoir de vouloir le fermer pour museler la presse.

Le Commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe, Nils Muiznieks, s'est affirmé lundi "profondément inquiet" d'un risque de fermeture de Ta Néa et To Vima, estimant que "cette situation porte un coup sévère au pluralisme en Grèce".

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