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31/01/2017 09:41 EST | Actualisé 01/02/2018 00:12 EST

France: une conférence de l'islamologue suisse controversé Hani Ramadan annulée

Une conférence qui devait avoir lieu samedi dans une mosquée de Roubaix, dans le nord de la France, au cours de laquelle devait intervenir l'islamologue suisse controversé Hani Ramadan, a été annulée, a indiqué mardi la mosquée sur les réseaux sociaux.

La décision a été prise à l'issue d'une réunion du conseil d'administration de la mosquée Bilal, "pour mettre fin à toute polémique autour de ce sujet", a écrit la mosquée sur son compte Facebook.

Hani Ramadan est le frère de l'universitaire Tariq Ramadan, et le petit-fils de Hassan El Banna, fondateur des Frères musulmans égyptiens.

Le président de droite de la région, Xavier Bertrand, avait demandé lundi au préfet d'interdire cette conférence, faisant valoir que Hani Ramadan et un autre intervenant, Eric Younous, un prédicateur converti, gravitant dans la mouvance salafiste, avaient tenu des propos "totalement à l'encontre des valeurs républicaines qui sont l'égalité entre les femmes et les hommes et la laïcité".

"Nous ne pouvons accepter que des manifestations publiques, au cours desquelles des prédicateurs prônent la haine et la division nationale, puissent se tenir sur le territoire de la République française", avait écrit M. Bertrand.

A l'extrême droite, le vice-président du Front national (extrême droite) Steeve Briois, élu de la région, avait jugé inadmissible que la France "laisse pénétrer un prédicateur islamiste étranger" sur son sol, "alors que la France vit encore sous l'état d'urgence".

En septembre 2002, Hani Ramadan avait fait scandale en défendant dans une tribune publiée dans Le Monde l'application de la charia et la lapidation des femmes adultères. Il avait ensuite été licencié de son poste d'enseignant de français par le gouvernement genevois pour propos "contraires aux valeurs démocratiques et aux objectifs de l'école publique".

En septembre 2016, la ville de Nîmes (sud-est) avait déjà annoncé l'interdiction d'une conférence de Hani Ramadan, estimant que ses prises de paroles allaient "à l'encontre des valeurs de la République".

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