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31/01/2017 08:43 EST | Actualisé 01/02/2018 00:12 EST

France: François Fillon, le candidat de la droite pour la présidentielle, dans la tourmente

Nouvelles révélations, des policiers à l'Assemblée nationale, tempêtes de critiques ou plaidoyers en sa faveur... la campagne du candidat de la droite, François Fillon, s'enlise jour après jour dans les soupçons d'emploi fictif visant son épouse Penelope, à 82 jours de la présidentielle française.

L'hebdomadaire satirique le Canard Enchaîné chiffre désormais à plus de 900.000 euros bruts les salaires perçus par Penelope Fillon - soit près du double du montant précédemment annoncé- comme assistante parlementaire et comme collaboratrice d'une revue littéraire. Auxquels s'ajoutent plus 84.000 euros perçus par deux de leurs enfants, salariés comme assistants pendant qu'ils étaient étudiants.

L'ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy (2007-2012) assure n'avoir "rien à cacher" avec son épouse.

Mardi, selon plusieurs sources parlementaires, les enquêteurs se sont rendus dans le bureau de François Fillon à l'Assemblée nationale dans le cadre des investigations ouvertes par la justice.

Ce nouvel épisode, particulièrement rare - il n'y a eu que six demandes de perquisitions à l'Assemblée depuis 1958 - s'inscrit dans le cadre d'une affaire dévastatrice pour François Fillon, triomphalement désigné le 27 novembre dernier comme candidat de la droite française à l'issue d'une primaire ouverte.

A l'époque, cet homme de 62 ans menait campagne sur le thème de l'austérité et de la probité et figurait parmi les grands favoris de la présidentielle d'avril-mai.

Le chef de file des députés du parti conservateur Les Républicains (LR), Christian Jacob, a employé le terme de "perquisition" devant des médias. Des sources proches de l'enquête ont parlé d'une remise de documents plutôt que d'une perquisition.

Les enquêteurs cherchent à déterminer si Penelope Fillon a effectivement exercé une activité réelle quand elle percevait des salaires d'assistante parlementaire, au côté de son mari, puis de son suppléant.

Selon l'avocat du couple, Me Antonin Levy, le couple a apporté lundi "des explications longues, fournies, multiples et convaincantes sur la réalité du travail" lors de son audition par les policiers chargés de l'enquête.

Selon l'avocat, elle faisait "l'interface au quotidien" entre le député et ses électeurs, depuis son domicile dans la Sarthe (ouest). Son travail consistait notamment à l'aider, "préparer avec lui ses discours", les relire, "lui faire remonter la voix du terrain", a-t-il dit lundi soir à la télévision BFM.

L'hebdomadaire Le Canard enchaîné a réévalué à la hausse les rémunérations perçues, selon l'édition du journal à paraître mercredi: la pratique couvre plusieurs périodes, 1988-1990, 1998-2007 puis 2012-2013 et le montant total représente plus de 830.000 euros bruts -contre 500.000 évoqués dans un premier temps-.

-"deux ou peut-être trois notes de lecture"-

L'épouse du candidat conservateur a également perçu quelque 100.000 euros bruts pour un emploi en 2012-2013, au sein de La Revue des deux mondes, une publication culturelle. Les locaux du journal qui appartient à un proche de M. Fillon ont été perquisitionnés jeudi dernier.

Le directeur de la revue à l'époque, Michel Crépu, ne se souvient que de "deux ou peut-être trois notes de lecture" de sa main .

Par ailleurs, François Fillon a rémunéré deux de ses enfants comme assistants parlementaires au Sénat à hauteur de 84.000 euros bruts entre 2005 et 2007, selon les informations publiées par le Canard Enchaîné dans son édition de mercredi.

Pourtant, en deux ans, François Fillon, en tant que sénateur, n'a participé à aucun rapport, fait aucune intervention ni aucune proposition de loi. Il a posé une seule question et proposé un seul amendement, selon le journal.

Le candidat avait lui même révélé la semaine dernière qu'il avait employé son fils et sa fille. Sans préciser les sommes perçues ni dire qu'ils étaient étudiants à l'époque.

Ces nouveaux épisodes alimentent une séquence dévastatrice, entamée voici une semaine et qui a déjà gâché le grand meeting de campagne du candidat dimanche dernier.

M. Fillon a lui-même fixé la ligne rouge: il ne maintiendra pas sa candidature "si [son] honneur était atteint", s'il était "mis en examen" (inculpé) par la justice.

Hypothèse peu probable en termes de calendrier et de procédure avant l'élection présidentielle.

Mais suffisante pour voir à droite s'esquisser l'hypothèse d'un "plan B", pour lequel rien n'est prévu dans les statuts du parti.

thm/sof/pg