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31/01/2017 10:10 EST | Actualisé 31/01/2017 10:11 EST

Emploi: savoir faire ce que la machine ne fait pas

ijeab via Getty Images
Young man and woman startups business meeting to discuss the situation on the marketing in the meeting room.

Alors qu’au moins 5 millions d’emplois seront remplacés par des robots ou par des services d’intelligence artificielle d’ici 3 ans dans le monde, plusieurs travailleurs tenteront de sauver leur emploi et d’échapper à cette transformation du milieu.

Pour affronter cette situation et éviter de se faire remplacer par la technologie, il ne suffit pas que d’être prêt pour le marché du travail («job ready»), ont fait valoir des experts du milieu universitaire lors d’une conférence au dernier Forum économique mondial, à Davos, il faut carrément être prêt pour le futur («futur ready»).

Les tâches dans le milieu industriel sont depuis longtemps remplacées par l’automatisation, et plus récemment, même l’analyse de données dans le milieu financier et médical a été remplacée par l’intelligence artificielle. Sans parler que la voiture autonome, qui semblait être une lubie de l’esprit il y a 3 ans, se promène déjà dans certaines villes à travers le monde.

Pourtant, le secret n’est pas de compétitionner contre la robotique, disent les experts, mais plutôt de perfectionner ce que la machine ne pourra jamais faire : être un humain.

«Parce que ce qui va compter, c’est cette capacité de voir un peu plus loin que le robot; cette créativité qui est encore très difficile à codifier dans un logiciel, précise Suzanne Fortier, principale et vice-chancelière de l’Université McGill, qui était l’une des conférencières. Alors on sait très bien que la créativité va demeurer un atout de l’être humain par rapport au robot.»

Mme Fortier nomme également d’autres habiletés humaines comme le leadership, la capacité à prendre des décisions, l’évaluation du risque et la résilience qu’il faut cultiver afin de se démarquer du robot et devenir un complément essentiel.

«Il y a la compassion, aussi. Un robot peut nous sembler très sympathique, mais pour comprendre l’être humain, avec sa complexité, ce n’est pas encore quelque chose qu’on peut facilement codifier. Et dans le domaine médical, notamment, c’est nécessaire», ajoute-t-elle.

Même son de cloche du côté d’Erik Brynjolfsson, directeur de l’Initiative on the Digital Economy au Massachusetts Institute of Technology (MIT), qui était également panelliste. Selon lui, «suivre des instructions, mémoriser des faits, c’est ce que les machines font. Ce que les humains ont de plus, c’est la créativité, une intelligence émotionnelle, la capacité de penser différemment. Pour vous démarquer, vous devez faire des choses que les machines ne font pas bien», explique l’expert.

Suzanne Fortier résume son idée par trois lettres qui distingue l’Homme de la machine : RDD (Recherche, Développement et Design). «L’homme a d’abord cette forte capacité de rechercher encore plus profonde, plus précise, que la machine. Il peut ensuite développer son idée avec leadership et en analysant le risque. Enfin, le design permet de faire le pas entre la découverte et l’être humain, de développer son idée en l’adaptant aux besoins de l’être humain», précise la vice-chancelière.

Ainsi, elle estime qu’un étudiant devrait choisir un domaine qui lui plaît réellement, dans lequel il a envie d’apprendre plus quotidiennement. «Et dans ce qui l’intéresse, il lui faut regarder les types d’emplois qui font appel aux RDD, afin de rester toujours indispensable et complémentaire à la machine», explique-t-elle.

Pour cela, une large connaissance du monde qui nous entoure est nécessaire, rappelle-t-elle, en incluant les arts et l’étude d’autres cultures. «C’est ce qui fait mousser la créativité, et nous rend «futur ready»», précise Suzanne Fortier.

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