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31/01/2017 11:44 EST | Actualisé 01/02/2018 00:12 EST

"El Comandante", la série sur Chavez interdite au Venezuela

Le Venezuela a interdit mardi "El Comandante", une nouvelle série TV qui retrace la vie du bouillonnant Hugo Chavez, jugeant que cette production américaine portait atteinte à la mémoire de l'ancien président socialiste vénézuélien.

Lancée lundi soir en Colombie, où elle a été tournée, cette série de 60 épisodes devait été diffusée à partir de mardi dans plusieurs autres pays d'Amérique latine et aux Etats-Unis, où vit une importante communauté latino.

Mais dans la patrie de Chavez, la Commission nationale des télécommunications (Conatel) a interdit sa diffusion et lancé une campagne sur Twitter pour dénoncer les opérateurs récalcitrants. "Ici, on ne dit pas du mal de Chavez", souligne le mot-clé sur le réseau social.

Lors d'un de ses récents discours, le président vénézuélien et héritier politique de Chavez, Nicolas Maduro, a qualifié cette production de "ramassis de déchets".

Le ministre de la Culture Adan Chavez, frère de l'ancien chef de l'Etat (1999-2013), a annoncé dimanche la mise en production de deux projets : un film, "Chavez, el Comandante", et une série intitulée "Le vrai Chavez".

La télévision d'Etat vénézuélienne devait diffuser plusieurs documentaires sur Chavez à compter de mardi.

Dans la production de Sony Pictures Television, le personnage d'Hugo Chavez est interprété par l'acteur colombien Andres Parra, qui avait endossé le rôle du baron de la drogue Pablo Escobar dans la série "Le Patron du mal".

Moises Naïm, l'auteur d'"El Comandante", est éditorialiste et ancien ministre du Développement vénézuélien, opposant notoire d'Hugo Chavez et de l'actuel président Nicolas Maduro.

Depuis des mois, une grave crise économique frappe le Venezuela. Elle est liée à la chute des cours du pétrole - son unique richesse -, qui a fait exploser l'inflation (475% en 2016 selon le FMI) et vidé les supermarchés et les pharmacies.

Pour le président Maduro, la crise que traverse le pays s'explique par un "complot capitaliste" orchestré par les Etats-Unis. L'opposition de droite juge pour sa part qu'elle est due aux 18 années de gouvernance socialiste, sous Hugo Chavez puis sous Nicolas Maduro.

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