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31/01/2017 11:37 EST | Actualisé 01/02/2018 00:12 EST

Colombie: une seule des 26 zones de désarmement des Farc est prête (rapport)

Une seule des 26 zones de Colombie prévues pour le désarmement des Farc "est prête" à les recevoir, a dénoncé une ONG dans un rapport publié mardi, date limite prévue pour le rassemblement des guérilleros sous supervision de l'ONU.

"Anori (dans le département d'Antioquia, nord-ouest) est le seul lieu dont la zone est prête", a déclaré Leon Valencia, directeur de la fondation Paix et Réconciliation, lors de la présentation d'un rapport de cette ONG spécialisée dans l'étude du conflit armé colombien.

"Le taux de préparation des zones de désarmement est entre 30% et 35%", a-t-il précisé, au sujet de ce texte sur la mise en oeuvre de l'accord de paix signé en novembre avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes).

Le rapport impute au gouvernement du président Juan Manuel Santos les retards pris dans la préparation de ces zones transitoires de normalisation (ZVTN), où les guérilleros doivent se regrouper pour déposer les armes d'ici six mois et préparer leur retour à la vie civile.

Ces zones se situent dans des hameaux où des logements provisoires seront mis à la disposition des ex-guérilleros.

"Cette grande tragédie est due à l'excessive bureaucratisation lors de la conclusion des contrats" d'entreprises chargées de monter les infrastructures nécessaires, a ajouté le sous-directeur de l'ONG, Ariel Avila.

M. Avila a en outre exprimé la préoccupation de la fondation à propos des meurtres récents de leaders de la société civile, accusant des éleveurs de bétail de certaines régions du pays d'avoir, en connivence avec des élus locaux, recruté des tueurs du Clan del Golfo, principal gang de Colombie, "pour assassiner" ces militants.

"Il y a des zones où l'on veut empêcher que le postconflit avance car il implique des restitutions de terres ou des processus de recherche de la vérité" sur des crimes commis pendant le conflit armé, a-t-il déclaré.

Les milices paramilitaires d'extrême droite, armées dans les années 80 par de grands propriétaires terriens pour combattre les guérillas, ont été officiellement démobilisées entre 2003 et 2006. Mais des dissidents ont rejoint ou formé des gangs spécialisés dans le trafic de drogue et les mines clandestines.

Au total, 17 leaders d'organisations sociales ou de défense des droits, notamment de victimes déplacées par la violence, ont été assassinés depuis début décembre et la ratification de l'accord de paix avec les Farc.

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