POLITIQUE
30/01/2017 06:33 EST | Actualisé 30/01/2017 07:41 EST

Attentat à Québec: des élus à Ottawa blâment les politiques du président Trump

«Les politiciens qui prônent la division plutôt que l’unité contribuent à propager la haine.»

OTTAWA – Des candidats à la direction du Parti conservateur du Canada croient qu’il y a un lien à faire entre le discours anti-immigration du président américain Donald Trump et l’attentat à la mosquée de Québec.

Dans une série de tweets, Michael Chong, dont le père vient de Hong Kong et dont la mère est une immigrante néerlandaise, s’est dit « en colère » contre cette « attaque contre la liberté religieuse ». Le candidat blâme les discours de peur utilisés par certains politiciens.

« L’attaque de la mosquée n’est pas un accident : la démagogie et les démagogues en herbe ne font qu’alimenter la peur et les préjugés. Les politiciens qui prônent la division plutôt que l’unité contribuent à propager la haine. C’est inacceptable. Il faut que ça cesse », a-t-il écrit.

Selon Deepak Obhrai, né en Tanzanie et d’origine indienne, les sentiments « anti-immigrant » et « anti-musulman » qui prévalent aux États-Unis depuis l’élection du président Trump ont traversé le nord de la frontière.

« J’étais à Québec [pour le débat en français, il y a deux semaines] et à aucun moment, je n’ai vu perçu cette attitude d’intolérance. Alors à quel moment est-ce que cela a changé? C’est une source réelle d’inquiétudes », a-t-il déclaré lors d’une mêlée de presse, lundi.

Depuis le début de la course, Obhrai n’hésite pas à dénoncer sur toutes les tribunes les politiques sur l’immigration « divisives » et « orientées par la peur » proposées par sa collègue Kellie Leitch. Cette dernière propose de filtrer les nouveaux arrivants et les réfugiés qui auraient des valeurs « anticanadiennes » si elle devient première ministre.

Une « prise de conscience »

Le député néodémocrate Charlie Angus, qui devrait se lancer dans la course à la direction de son parti, croit lui aussi que l’attentat de Québec est une « prise de conscience » collective.

« Le carnaval de la haine de Donald Trump ne s’arrête pas à la frontière », a-t-il écrit sur Facebook, en anglais, peu de temps après les tragiques évènements.

« Nous devons être là l’un pour l’autre. Ça veut dire d’intervenir, de se sentir debout et de défendre nos voisins musulmans des campagnes de désinformation des semeurs de haine. Nous devons dire à nos voisins que nous les soutenons. »

Matthew Dubé, qui est porte-parole du NPD en matière de Sécurité publique, s’est gardé d’établir un lien entre les politiques du président Trump et de l’attentat de Québec. Il pense toutefois que les politiciens doivent réaliser l’impact de leurs paroles.

« Je crois qu’en tant qu'élu, peu importe que ce soit au Canada ou ailleurs, il faut qu'on réalise que les mots qu'on emploie sont importants. Les propos que nous tenons sont importants, et on se doit de démontrer les valeurs d'inclusion et d'ouverture », a-t-il commenté.

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