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25/01/2017 05:57 EST

C'est officiel: Trump va de l'avant avec son projet de mur pour le Mexique (VIDÉO)

Le président américain Donald Trump a signé mercredi un décret lançant le projet de construction d'un mur à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, la promesse la plus emblématique de sa campagne.

Cinq jours seulement après sa prise de fonctions, le nouveau président républicain a par ailleurs signé, lors d'une cérémonie au ministère de la Sécurité intérieure, un autre décret portant sur une application plus rigoureuse des lois sur l'immigration Ce second décret prévoit en particulier de limiter l'accès aux fonds fédéraux pour les "villes sanctuaires" qui accueillent des immigrants clandestins.

"Construire cette barrière n'est pas seulement une promesse de campagne, c'est une première étape de bon sens pour véritablement sécuriser une frontière qui est aujourd'hui poreuse", a souligné son porte-parole Sean Spicer.

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Ce dernier a annoncé la création de davantage de centres de détention le long de la frontière pour qu'il soit "plus facile et moins cher" de détenir puis de renvoyer les immigrant illégaux dans leur pays d'origine.

Interrogé un peu plus tôt sur la chaine ABC, Donald Trump a réaffirmé que le financement de ce mur, dont la construction devrait débuter selon lui "dans les mois à venir", serait, in fine, payé par le Mexique : "Je vous le dis: il y aura un paiement, même si le montage sera peut-être compliqué".

Une délégation officielle mexicaine est présente à Washington pour entamer la renégociation de l'accord de libre-échange Aléna (USA, Canada et Mexique). Mais le ministre de l'Economie Ildefonso Guajardo a clairement averti qu'il y avait "des lignes rouges" à ne pas franchir.

Cette première réunion USA-Mexique vise à préparer la rencontre entre le nouveau président américain et son homologue mexicain Enrique Peña Nieto, le 31 janvier à Washington.

"Grand jour prévu demain sur la SECURITE NATIONALE. Parmi beaucoup d'autres choses, nous allons construire le mur!", avait écrit Donald Trump sur Twitter mardi soir sur cette question hautement polémique qui a été l'un de ses grands sujets de sa campagne électorale.

Il s'était engagé à expulser les clandestins délinquants des Etats-Unis et à ériger un mur à la frontière de 3 200 km, poreuse, entre les Etats-Unis et le Mexique, menaçant de le faire financer en ponctionnant les 25 milliards de dollars que les migrants mexicains envoient chaque année à leur famille.

Des experts ont émis de sérieux doutes sur l'efficacité, le coût exorbitant et les risques d'avalanches de procédures légales d'une telle mesure, véritable cheval de bataille de la droite et l'extrême droite, socle électoral de Donald Trump.

Même le ministre de la Sécurité intérieure, l'ancien général John Kelly, a indiqué, lors de sa récente audition en vue de son investiture, que le mur frontalier "pourrait ne pas être construit de sitôt".

Le Mexique a pour sa part dessiné les lignes rouges à ne pas franchir lors de ses discussions avec l'administration Trump qui débutent ce mercredi à Washington et ne s'annoncent pas sous les meilleurs auspices. Mexico a en effet menacé de quitter la table des négociations et de rompre l'accord de libre-échange Aléna (USA, Canada et Mexique) que Donald Trump souhaite renégocier.

"Il y a des lignes rouges très claires qui doivent être dessinées dès le début", a averti mardi le ministre mexicain de l'Economie Ildefonso Guajardo, avant une rencontre avec les responsables américains, mercredi et jeudi, au côté du ministre mexicain des Affaires Etrangères, Luis Videgaray.

A la question de savoir si la délégation mexicaine quitterait les discussions si le sujet du mur et des envois de fonds des migrants mexicains étaient mis sur la table, M. Guadajardo a répondu sur la chaîne Televisa: "Absolument."

Donald Trump veut aussi interdire l'entrée des musulmans aux Etats-Unis, et notamment de Syriens.

Détricoter le bilan Obama

Donald Trump a également promis de supprimer le programme "DACA", mis en place par son prédécesseur Barack Obama en 2012 et qui a permis à plus de 750 000 clandestins arrivés mineurs sur le territoire d'obtenir des permis de séjour et de travail.

Après l'annonce du retrait de l'accord de libre-échange Asie-Pacifique (TPP), Donald Trump continue à détricoter méthodiquement le bilan de son prédécesseur démocrate Barack Obama, comme il avait promis de le faire pendant sa campagne.

Il a redonné vie au projet du gigantesque oléoduc Keystone XL reliant le Canada aux Etats-Unis, dont la construction avait été bloquée par M. Obama au nom de la lutte contre le changement climatique.

Long de 1 900 kilomètres, dont 1 400 aux Etats-Unis, le projet Keystone XL vise à transporter le pétrole canadien des sables bitumineux de l'Alberta (ouest) jusqu'au Nebraska (centre des Etats-Unis) d'où il pourrait rejoindre les raffineries américaines du golfe du Mexique.

M. Trump a souligné que l'aboutissement du projet Keystone XL était conditionné à une renégociation avec la société canadienne TransCanada.

"Nous allons renégocier certains des termes et, s'ils le veulent, nous verrons si cet oléoduc peut être construit", a-t-il déclaré mardi lors de la signature des documents.

Aux Etats-Unis, si le camp républicain a salué l'annonce avec enthousiasme, défenseurs de l'environnement et élus démocrates ont dénoncé à l'unisson une initiative prise au mépris des enjeux climatiques.

"Aujourd'hui, le président Trump a ignoré les voix de millions d'Américains et donné la priorité aux profits à court terme de l'industrie des énergies fossiles plutôt qu'à l'avenir de notre planète", a déploré le sénateur Bernie Sanders, ancien rival d'Hillary Clinton lors de la primaire démocrate.

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