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24/01/2017 05:47 EST | Actualisé 24/01/2017 05:47 EST

Héberger des détenus dans la communauté pour désengorger les prisons

C_FOR via Getty Images
Man behind prison bars.

Le groupe de défense des prisonniers croit qu'héberger des détenus dans des maisons supervisées en attendant leur procès peut désengorger les prisons saskatchewanaises. La solution s'est déjà avérée gagnante au Manitoba, selon la Société John Howard.

Depuis quatre ans, la section manitobaine du groupe a mis un programme alternatif pour ceux qui sont en détention provisoire. Des détenus en attente d’un procès sont ainsi placés dans une résidence supervisée par la Société. Ils seront relâchés dans la communauté, s’ils peuvent se montrer dignes de confiance.

« Comme en Saskatchewan, nous avons [au Manitoba] un grand nombre de gens en détention provisoire, indique le directeur général de l’organisme John Hutton. Ils sont encore innocents. Ils n’ont pas eu de procès et ils ne font pas l’objet d’une condamnation. »

Dans un rapport publié en décembre, la vérificatrice de la Saskatchewan a conclu que le ministère de la Justice doit mettre en place un plan à long terme, afin de contrer la surpopulation des prisons. Selon Judy Ferguson, la population adulte de détenus a grimpé de 51 % depuis 2006 dans la province. Depuis lors, il y a eu une augmentation de 104 % des prisonniers en détention provisoire.

La maison supervisée gérée par la Société John Howard au Manitoba compte 26 lits. Des hommes détenus au régime de sécurité moyenne ou de haute sécurité y suivent des programmes plutôt que de passer du temps dans une prison provinciale. En outre, jusqu'à 10 prisonniers vivent dans la communauté en attendant d'être jugés. John Hutton soutient que le système a fait ses preuves. « Ils sont plus à même de respecter les conditions de libération conditionnelle », fait-il valoir.

M. Hutton note que le programme permet de faire des économies. « Notre projet coûte un peu moins de 700 000 $ par année. Ceci équivaudrait à garder 10 personnes en détention provisoire [dans un centre correctionnel] » pendant un an », dit-il. M. Hutton ajoute que la Saskatchewan a déjà montré un intérêt pour le programme. Par ailleurs, il rencontrera des représentants du ministère de la Justice dans quelques semaines.

La province reconnaît des problèmes

Le porte-parole du ministère de la Justice, Drew Wilby, s’accorde avec les conclusions de Judy Ferguson et estime que l’augmentation du nombre de personnes en détention provisoire est préoccupante.

La vérificatrice Judy Ferguson et le ministère pensent qu'il y a des solutions de rechange pour les détenus en détention provisoire, dont la possibilité de comparaître de nuit et pendant les fins de semaine, ainsi que de placer les détenus en surveillance électronique. M. Wilby dit que les centres de détention voient une augmentation de détenus lors des semaines parce que les tribunaux ne sont pas ouverts pendant ces périodes.

L'opposition veut des actions

De son côté, la porte-parole du Nouveau Parti démocratique en matière de justice, Nicole Sarauer, croit aussi que la province devrait mettre en place des solutions à long terme pour que moins d’individus soient en détention provisoire en attendant leur procès. Elle affirme que la province devrait investir dans des initiatives communautaires dans le but de réduire la criminalité.

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