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La méfiance est vive entre les parties aux négociations de paix sur la Syrie

Le premier face à face entre les émissaires du régime syrien et ceux des rebelles n'a pas eu lieu. Réunis à Astana, au Kazakhstan, les représentants des rebelles ont refusé, à la dernière minute, de négocier directement avec ceux du président Bachar Al-Assad.

Lors des trois tentatives malheureuses de négociations de paix (2012, 2014 et 2016), qui s’étaient déroulées à Genève, en Suisse, les représentants des rebelles étaient assis face à leurs homologues gouvernementaux.

« La première session des négociations ne sera pas en face à face, car le gouvernement n'a pas respecté jusqu'à présent ce à quoi il s'est engagé dans les accords du 30 décembre », a indiqué l'un des porte-parole de la délégation des rebelles, Yehya al-Aridi.

Il est difficile de se retrouver face à ceux qui sont entrés dans votre pays et continuent de vous tuer, et face à un régime qui ne respecte pas le cessez-le-feu et persévère dans sa politique de destruction et de massacre de la population.

Les rebelles reprochent notamment aux forces gouvernementales de poursuivre les combats dans la région de Wadi Barada, un secteur clé pour l’approvisionnement en eau de la capitale syrienne, Damas.

Malgré le cessez-le-feu, l'armée syrienne a également repris le siège de Madaya, une ville sous contrôle rebelle près de la frontière libanaise, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Les rebelles syriens ont d’ores et déjà prévenu qu’ils poursuivraient les combats si les négociations avec les émissaires du président syrien échouaient.

Si les négociations sont un succès, nous sommes pour les négociations. Si elles échouent, malheureusement, nous n'aurons pas d'autre choix que de continuer le combat.

Cette nouvelle ronde de négociations, qui se déroule autour d’une immense table circulaire, doit durer deux jours à l’hôtel Rixos d’Astana. Les pourparlers, qui se déroulent en présence de l'envoyé spécial de l'ONU, Staffan de Mistura, sont parrainés par la Russie, la Turquie et l'Iran.

Cessez-le-feu et aide humanitaire

Les deux partis s’entendent au moins sur une chose, les discussions doivent se concentrer sur le renforcement de la trêve. Cette dernière, malgré ses violations régulières, s’est traduite par une réduction des violences.

« Il s'agit de davantage que de [pérenniser] le cessez-le-feu », a indiqué un porte-parole des rebelles, Ossama Abou Zeid. « Il s'agit de mettre en place des mécanismes de surveillance et de responsabilité » en cas de violation, a-t-il poursuivi.

Les rebelles veulent également améliorer l’accès à l’aide humanitaire dans les villages assiégés. « Ce serait une base forte qui pourra être poursuivie à Genève », estime Yehya al-Aridi, où se poursuivront des pourparlers politiques sous l'égide de l'ONU le 8 février prochain.

La délégation rebelle, composée de 14 membres et 21 conseillers, est présidée par un responsable du groupe Jaich al-Islam [l'Armée de l'islam], Mohammad Allouche. De leur côté, les 10 émissaires du régime syrien sont menés par l'ambassadeur syrien à l'ONU, Bachar Jaafari.

Damas en position de force

Le déroulement des pourparlers de paix illustre la tournure qu’a prise le conflit sur le terrain depuis l’entrée en scène des troupes russes et le désengagement des Américains. Appuyées par la Russie, les forces gouvernementales ont repris l’initiative dans le conflit en reprenant le contrôle d’Alep, deuxième ville du pays.

Les troupes gouvernementales ont forcé les rebelles à accepter un cessez-le-feu négocié par la Russie, au nom du régime syrien, et la Turquie pour les rebelles.

Autrefois ouvertement discuté, le départ du président Al-Assad ne se pose plus.

Le luxe dans lequel se déroulent les négociations de paix tranche avec la désolation dans laquelle le pays est plongé après six ans de combats et 310 000 morts, selon un bilan de l’OSDH.

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