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22/01/2017 12:23 EST

Relance de la colonisation juive à Jérusalem-Est, entretien Netanyahu-Trump

Israël a relancé dimanche la colonisation à Jérusalem-Est en annonçant la construction de centaines de logements, avant un entretien téléphonique entre Benjamin Netanyahu et Donald Trump, le premier depuis la prise de fonctions du président américain.

L'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas a condamné ces projets de construction dans la partie palestinienne de la ville sainte, en appelant l'ONU à agir pour stopper ces "activités illégales" qui empêchent toute solution à deux Etats du conflit israélo-palestinien.

Dans une déclaration à l'AFP, un responsable municipal a annoncé le feu vert définitif de la mairie de Jérusalem à la construction de 566 logements dans les quartiers de colonisation de Pisgat Zeev, Ramot et Ramat Shlomo à Jérusalem-Est occupée et annexée par Israël.

Les permis de construire avaient été gelés fin décembre à la demande de M. Netanyahu en attendant la prise de fonctions de M. Trump, a précisé Meïr Turjeman, président de la commission de la construction et de la planification à la municipalité. Mais "les règles du jeu ont changé avec l'arrivée au pouvoir de Donald Trump".

"Nous n'avons plus les mains liées comme du temps de Barack Obama. Ces 566 logements ne sont qu'un coup d'envoi. Nous avons des plans pour la construction de 11.000 logements qui attendent des autorisations" à Jérusalem-Est, a-t-il ajouté.

Le maire de Jérusalem, Nir Barkat, a précisé dans un communiqué que 105 logements seraient également construits dans les quartiers palestiniens.

"Après avoir passé huit années difficiles avec Obama qui a mis la pression pour le gel des constructions (...) nous allons maintenant continuer à construire et développer Jérusalem pour le bien-être de ses résidents, juifs et arabes, afin de renforcer la souveraineté de Jérusalem unifiée comme capitale d'Israël", a-t-il dit.

Appel palestinien à l'ONU

M. Netanyahu s'est chaudement félicité de l'arrivée au pouvoir de M. Trump après avoir entretenu des relations tendues avec son prédécesseur, critique sur la question des colonies présentées comme un des obstacles à la reprise des négociations avec les Palestiniens gelées depuis plus de deux ans.

La tension a atteint son paroxysme lorsque le 23 décembre les Etats-Unis, pour la première fois depuis 1979, n'ont pas mis leur veto à une résolution de l'ONU condamnant les colonies israéliennes dans les territoires palestiniens occupés.

Quelque 430.000 colons israéliens vivent en Cisjordanie, territoire palestinien occupé et ils sont plus de 200.000 à Jérusalem-Est dont les Palestiniens veulent faire la capitale de l'Etat auquel ils aspirent.

Pour la communauté internationale, toutes les colonies sont illégales.

Dans un communiqué, Nabil Abou Roudeina, porte-parole de la présidence palestinienne, a dénoncé la relance de la colonisation, "un défi" selon lui "lancé au Conseil de sécurité surtout après sa résolution soulignant l'illégalité des colonies".

"Nous exigeons que le Conseil de sécurité agisse conformément à cette résolution afin de stopper le gouvernement extrémiste israélien qui détruit toute possibilité de parvenir à une solution à deux Etats", a-t-il ajouté.

Le mouvement islamiste palestinien Hamas, bête noire d'Israël, a aussi condamné la décision israélienne comme "contraire au droit international".

M. Netanyahu a annoncé dimanche en conseil des ministres son intention d'évoquer le conflit israélo-palestinien dans une conversation téléphonique avec M. Trump prévue plus tard le soir, un entretien confirmé par la Maison Blanche.

Iran et Syrie

"Des sujets portant sur les Palestiniens, la situation en Syrie et la menace iranienne" seront abordés, a précisé M. Netanyahu.

Selon lui "la première priorité de l'Etat d'Israël est de lever la menace que fait peser le mauvais accord nucléaire conclu par l'Iran" et les grandes puissances dont les Etats-Unis en 2015.

M. Obama a joué un rôle majeur dans la conclusion de cet accord, alors que M. Trump l'avait, durant sa campagne qualifié de "l'un des pires accords".

Dans le contexte de colonisation, deux députés de la majorité au sein du gouvernement israélien ont présenté au cabinet de sécurité un projet de loi en vertu duquel Israël annexerait Maalé Adoumim, une importante colonie de Cisjordanie, ainsi qu'un secteur reliant cette colonie à Jérusalem.

Une telle annexion couperait en deux la Cisjordanie et rendrait pratiquement impossible la création d'un Etat palestinien viable bénéficiant d'une continuité géographique.

Selon la radio publique, M. Netanyahu ne devrait pas prendre de décision dans l'immédiat sur cette question, en attendant une rencontre avec M. Trump qui pourrait avoir lieu en février.