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22/01/2017 00:44 EST | Actualisé 23/01/2018 00:12 EST

Le gouvernement israélien divisé sur l'annexion d'une colonie sans l'aval de Trump

Le gouvernement israélien était divisé dimanche sur l'opportunité d'annexer Maalé Adoumim, une importante colonie de Cisjordanie occupée, sans coordination préalable avec le nouveau président américain Donald Trump.

Selon un projet de loi présenté par deux députés de la majorité, Israël annexerait Maalé Adoumim ainsi qu'un secteur reliant cette colonie à Jérusalem. Une telle décision couperait en deux la Cisjordanie et rendrait pratiquement impossible la création d'un Etat palestinien viable bénéficiant d'une continuité géographique.

Située à l'est de Jérusalem et créée en 1975, Maalé Adoumim est la troisième colonie la plus peuplée de Cisjordanie avec 37.000 habitants.

Un fervent partisan de la colonisation, Naftali Bennett, ministre de l'Education et chef du Foyer Juif, un parti nationaliste religieux, souhaite que ce texte soit entériné dimanche par la commission ministérielle des lois lors du conseil des ministres, ce qui constituerait la première étape avant son adoption par le Parlement.

Mais, selon des médias, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a décidé de reporter cette procédure à la demande de membres de l'entourage du président Trump. Ils lui ont suggéré de s'abstenir de prendre des décisions "unilatérales" susceptibles de "surprendre" la Maison Blanche.

La radio publique a indiqué que M. Netanyahu devrait se contenter d'une discussion au sein du cabinet de sécurité, sans prendre de décision en attendant une rencontre avec le président Trump qui pourrait avoir lieu en février.

M. Netanyahu s'est chaudement félicité de l'arrivée au pouvoir de M. Trump après avoir entretenu des relations tendues avec Barack Obama, critique sur la question des colonies présentées comme un des obstacles à la reprise des négociations gelées depuis plus de deux ans.

La tension avait atteint son paroxysme lorsque le 23 décembre les Etats-Unis se sont abstenus au Conseil de sécurité de l'ONU, permettant le vote d'une résolution contre la colonisation israélienne.

"Les choses doivent désormais être faites en coordination avec l'administration américaine, avec sang-froid. M. Bennett ne peut pas prétendre être plus à droite que Netanyahu", a affirmé à la radio publique Ofir Akounis, un ministre proche de M. Netanyahu.

- 'Mesures unilatérales' -

En revanche, Ayelet Shaked, ministre de la Justice et membre du Foyer juif, a affirmé à propos de Maalé Adoumim, qu'il n'y "aucune raison de s'abstenir de prendre des mesures unilatérales si nous pensons qu'elles sont bonnes pour Israël". "Il faut dire à l'administration américaine ce que nous voulons et ne pas attendre des instructions de sa part", a ajouté la ministre à la radio militaire. "Les règles du jeu ont changé: il faut le comprendre rapidement et créé des faits" sur le terrain, a-t-elle ajouté.

Naftali Bennett a pour sa part proclamé sur son compte Tweeter: "pour la première fois depuis 50 ans (c'est à dire le début de l'occupation de la Cisjordanie en 1967) le Premier ministre à le choix: la souveraineté ou un Etat palestinien".

Le ministre de l'Education est totalement opposé à la création d'un Etat palestinien. Il prône non seulement l'annexion de Maale Adoumim mais aussi celle de 60% de la superficie de la Cisjordanie, correspondant à la zone "C" où Israël a conservé tous les pouvoirs.

Le lobby des colons a fait publier dimanche dans le Haaretz, un quotidien d'opposition de gauche, une page entière dans laquelle sont cités avec leurs photos 17 ministres et députés de la majorité qui se sont prononcés dans le passé en faveur de l'annexion de Maalé Adoumim.

Près de 400.000 colons israéliens vivent déjà en Cisjordanie sous la protection de l'armée israélienne qui occupe le territoire. Ils mènent une coexistence souvent conflictuelle avec 2,6 millions de Palestiniens qui attendent toujours leur Etat indépendant dont la Cisjordanie serait l'une des composantes.

Pour la communauté internationale, toutes les colonies, c'est-à-dire les implantations civiles israéliennes sur des terres occupées, sont illégales.

jlr/jri