NOUVELLES
22/01/2017 02:39 EST | Actualisé 23/01/2018 00:12 EST

Italie: pas de signe de vie dans l'hôtel dévasté, les recherches continuent

Aucun signe de vie n'émane plus de l'hôtel dévasté mercredi par une avalanche dans le centre de l'Italie, mais les dizaines de secouristes mobilisés poursuivaient dimanche leurs recherches dans des conditions extrêmes.

Au total, neuf survivants, dont quatre enfants, ont été tirés entre vendredi et samedi matin des décombres de l'hôtel Rigopiano, dans les Abruzzes, une structure de trois étages entièrement ensevelie mercredi après-midi.

Mais tous avaient été repérés vendredi et les secouristes, qui ont déjà retrouvé cinq corps sans vie, n'ont relevé aucun signe des 23 adultes toujours portés disparus.

"Nous avons de l'espoir. Même s'il n'y a pas de signe de vie, on peut creuser à travers un mur et soudain avoir un contact, c'est ce qui s'est passé avec les autres survivants", a déclaré à l'AFP Luca Cari, porte-parole des pompiers, depuis le QG des secours à Penne.

"Il y avait un mur de rochers derrière l'hôtel, alors l'avalanche est passée au-dessus, détruisant le bâtiment sur les côtés et devant pas par derrière, alors nous sommes confiants qu'il y a des pièces intactes là", a-t-il ajouté.

"Le problème c'est de les atteindre. Nous n'avons pas beaucoup de place pour manoeuvrer, les trous sont étroits et il faut percer des murs très épais", a-t-il expliqué, en précisant que les secouristes qui avaient sauvé les enfants vendredi étaient toujours à pied d'oeuvre, après de courtes pauses, parce qu'ils connaissaient désormais bien les lieux.

- 'Epuisés' -

Pour les pompiers, un premier roulement est prévu lundi, avec l'arrivée attendue de brigades de Lombardie et de Vénétie.

"Nous sommes épuisés, nous n'avons pas dormi depuis trois jours mais nous restons positifs, on ramènera les gens chez eux", avait assuré samedi soir Alessandro Massa, un secouriste de 34 ans.

Dans le froid, la neige et le brouillard, et sous la menace de nouvelles avalanches, les secouristes progressent très lentement par crainte d'éboulements dans l'hôtel enseveli sous des tonnes de neige et de débris.

Sur la place Saint-Pierre, le pape François a prié dimanche pour les victimes et leurs familles, ainsi que pour "tous ceux qui sont engagés avec une grande générosité dans les opérations de secours et d'assistance".

Au lendemain de l'avalanche, les secouristes avaient déjà creusé pendant plus de 24 heures dans un silence de mort avant de repérer les premiers survivants. Certains ont d'ailleurs raconté avoir apaisé leur soif en suçant des glaçons.

Trois enfants de 6 à 9 ans, Ludovica, Eduardo et Samuel, miraculeusement épargnés dans la salle de billard, se sont retrouvés isolés dans le noir, mais à portée de voix de la mère de Ludovica. Ils ont trouvé des bouteilles d'eau et une boîte de portions individuelles de Nutella pour attendre les secours pendant près de 48 heures, ont rapporté des médias italiens.

- 8.300 personnes mobilisées -

Malheureusement, si Ludovica a pu embrasser sa famille à l'hôpital de Pescara, Eduardo et Samuel s'y sont retrouvés seuls: les parents du premier sont morts, ceux du second toujours portés disparus.

Tous les secouristes portent un émetteur de type Arva pour être retrouvés au plus vite en cas de nouvelle avalanche, le risque étant très élevé dans tout le centre de l'Italie.

L'ensemble de la région a subi en début de semaine des chutes de neige historiques, qui ont coupé du monde des centaines d'habitants de hameaux isolés, alors qu'une série de fortes secousses mercredi ont encore ravivé le traumatisme des séismes plus puissant d'août et d'octobre.

Plus de 8.300 personnes sont mobilisées à travers la région, "dans des conditions extrêmes", pour évacuer les personnes se trouvant dans des zones à risque, fournir en vivres et médicaments aux isolés, dégager les routes principales et secondaires ou encore réparer les lignes électriques coupées.

Mais impossible encore dimanche d'utiliser des hélicoptères en raison du mauvais temps, a précisé la Protection civile, qui signale aussi des risques d'inondations dans les prochains jours en plaine avec la fonte d'une partie de cette neige.

Pour le moyen ou long terme, la commission Grands Risques de la Protection civile a également prévenu avoir identifié près de la faille principale responsable des secousses de ces derniers mois, trois zones relativement épargnées récemment et désormais à risque d'un séisme de magnitude 6 ou 7.

ide-fcc/cr