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22/01/2017 05:25 EST | Actualisé 23/01/2018 00:12 EST

Gambie: le dirigeant élu prendra place dans l'incertitude sur l'ancien régime

BANJUL, Gambie — La capitale de la Gambie attendait dimanche l'arrivée au pays du nouveau dirigeant et espérait le début d'une nouvelle ère démocratique, quelques heures après l'exil du président sortant ayant régné 22 ans dans ce pays.

Alors même que le nouveau président Adama Barrow se trouvait toujours au Sénégal, pays voisin, attendant son retour triomphal après la crise politique ayant éclaté dans la foulée de sa victoire électorale en décembre, l'ancien leader Yahya Jammeh semblait avoir obtenu la garantie de pouvoir lui aussi revenir au pays.

Une déclaration commune dévoilée peu après le départ de Yahya Jammeh, venant des Nations unies, de l'Union africaine et du bloc régional de l'Afrique de l'Ouest, indique que ces organisations travailleront avec le gouvernement de M. Barrow pour s'assurer que l'ancien dirigeant autocrate de la Gambie, sa famille et ses proches conseillers ne fassent pas l'objet de mesures punitives.

Mais un proche conseiller de M. Barrow, Mai Ahmad Fatty, a affirmé que la déclaration n'avait pas l'approbation du nouveau dirigeant, et que celui-ci l'avait déjà rejetée.

Yahya Jammeh, reconnu pour ses propos étonnants, comme lorsqu'il avait déclaré que les bananes et les baumes à base de plantes pouvaient guérir le Sida, s'est envolé hors du pays tard samedi devant un groupe de partisans et de soldats. L'ancien leader a été abandonné par son chef de cabinet et plusieurs membres du cabinet.

Yahya Jammeh a été vu en route pour la Guinée équatoriale, un pays qui n'est pas signataire de la Cour pénale internationale.

M. Barrow, qui a promis de renverser plusieurs des mesures prises par Yahya Jammeh, a dit samedi à l'Associated Press qu'il lancerait une commission de vérité et de réconciliation pour enquêter sur les violations des droits de la personne alléguées du régime du dirigeant des 22 dernières années.