NOUVELLES
22/01/2017 15:11 EST | Actualisé 23/01/2018 00:12 EST

France: Valls affrontera Hamon pour représenter des socialistes affaiblis à la présidentielle

L'ancien Premier ministre Manuel Valls affrontera en position de faiblesse au second tour de la primaire socialiste l'outsider Benoît Hamon, représentant de l'aile gauche du parti arrivé en tête du premier tour dimanche, à moins de cent jours de la présidentielle française.

Celui qui sortira vainqueur de cette primaire dimanche prochain n'est toutefois pas assuré d'être au second tour de la présidentielle, tant la campagne est dominée par la droite et l'extrême droite.

Selon des résultats quasi définitifs, Benoît Hamon, 49 ans, ex-ministre de l'Education qui souhaitait incarner l'espoir et le renouveau, a créé la surprise en recueillant 36,3% des suffrages, devant Manuel Valls, 54 ans, tenant de l'aile droite du parti (31,1%).

Le chantre du "Made in France", Arnaud Montebourg, a été distancé avec seulement 17,5% des suffrages. Il s'est immédiatement rallié à Benoît Hamon en reconnaissant sa défaite.

"Les électeurs ont voté par conviction, pas par résignation, sinon ils ne m'auraient pas placé en tête", s'est félicité Benoît Hamon à l'annonce des résultats. "Il faut en finir avec les vieilles recettes et les vieilles politiques, les vieilles solutions qui ne marchent plus", a-t-il dit en défendant son "projet de société" axé sur les questions "sociales et écologiques". Sa proposition-phare: un revenu universel de 750 euros pour chaque Français.

Au nom de "la gauche responsable", Manuel Valls considère que "pour le deuxième tour, rien n'est écrit". "Un choix très clair se présente à vous, le choix entre la défaite assurée et la victoire possible, des promesses irréalisables et infinançables, et une gauche crédible, qui assume les responsabilités du pays", a martelé l'ex-Premier ministre qui s'est lancé dans la course à l'investiture après la renonciation de l'impopulaire président François Hollande.

A l'issue d'une campagne rythmée par trois débats télévisés en huit jours, le scrutin a mobilisé moins de deux millions d'électeurs venus départager les sept prétendants. Un score médiocre, alors que plus de quatre millions de personnes s'étaient déplacés pour la primaire de la droite en novembre.

"Ca ne m'intéresse pas, il y a trop de déception", confiait un père de famille parisien désabusé, qui n'est pas allé voter, contrairement à 2011 pour la première primaire socialiste.

Pour voter, il suffisait de payer un euro et de signer la charte des valeurs républicaines de la gauche.

- Cinquième position -

Les quatre autres candidats, l'ancien ministre socialiste Vincent Peillon, la présidente du Parti radical de gauche Sylvia Pinel et deux écologistes, François de Rugy et Jean-Luc Bennahmias, ont atteint des scores allant de 1 à 6,8%.

"Aujourd'hui, il y a urgence, on choisira le moins pire", confiait sans enthousiasme Philippe à Marseille (sud-est), tandis qu'à Paris, Dominique rappelait le véritable enjeu: "que la gauche soit au deuxième tour de la présidentielle".

Pour l'instant, le second tour de la présidentielle, le 7 mai, s'annonce comme un duel entre le conservateur François Fillon et la patronne de l'extrême droite Marine Le Pen, galvanisée par le Brexit et l'arrivée au pouvoir de Donald Trump aux Etats-Unis.

Un troisième homme les talonne: Emmanuel Macron. A 39 ans, cet ancien ministre du gouvernement socialiste s'est lancé sans passer par la case primaire et suscite l'affluence dans ses meetings avec son message "ni droite ni gauche", "progressiste" et pro-européen.

Sa candidature en solo, ajoutée à celle du trublion de l'extrême gauche Jean-Luc Mélenchon, en quatrième position dans les sondages, fait de l'ombre à une gauche socialiste en plein désarroi.

Incarnée par Benoît Hamon (8%) ou Manuel Valls (9%), la gauche socialiste n'arriverait qu'en cinquième position du premier tour de l'élection présidentielle, loin derrière Marine Le Pen (27%), François Fillon (26%), Emmanuel Macron (20%) et Jean-Luc Mélenchon (13%), selon un sondage Ipsos Sopra steria diffusé dimanche.

"L'élection présidentielle n'est pas jouée, la France doute, les Français n'ont pas fait leur choix", a voulu rassurer dimanche soir le patron du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis.

bur-thm/mf