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22/01/2017 02:46 EST | Actualisé 23/01/2018 00:12 EST

France: suspense au premier tour de la primaire d'une gauche affaiblie

A trois mois de la présidentielle française, les électeurs doivent départager dimanche sept candidats du camp socialiste lors du premier tour d'une primaire dont le vainqueur aura fort à faire pour rassembler la gauche et peser dans une campagne dominée par la droite et l'extrême droite.

Parmi les prétendants à l'investiture de la gauche, se dégage un trio de favoris: l'ex-Premier ministre Manuel Valls, lancé dans la course après le renoncement de l'impopulaire président François Hollande à briguer un nouveau mandat, et deux anciens ministres du quinquennat socialiste qui n'ont cessé de contester la politique menée depuis 2014, Benoît Hamon et Arnaud Montebourg.

Les électeurs pouvaient voter depuis 08H00 GMT, moyennant une contribution d'un euro.

Grande inconnue du scrutin, le taux de participation est crucial. Seule une forte mobilisation des électeurs donnera au candidat de gauche désigné le 29 janvier une chance de disputer le second tour de la présidentielle le 7 mai, qui pour l'instant semble plutôt se diriger vers un duel entre le candidat de droite François Fillon et la chef de file du Front national Marine Le Pen.

Jusqu'ici, les intentions de vote pour la présidentielle ne placent qu'en cinquième position le vainqueur de la primaire de gauche, quel qu'il soit, derrière deux personnalités restées à l'écart du scrutin organisé par le PS: l'ancien ministre Emmanuel Macron, à la droite du parti, et le chef de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon, qui attirent tous deux les foules dans leurs réunions publiques.

- Le PS joue sa survie -

Dans ce contexte de gauche éclatée, une faible participation à la primaire mettrait en péril la survie même du Parti socialiste, profondément divisé au terme de cinq de pouvoir.

"J'estime qu'(avec) entre 1,5 et 2 millions (d'électeurs) nous aurons atteint notre objectif", a expliqué le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis, dans un entretien au journal Le Parisien.

Un chiffre bien inférieur aux plus de 4 millions d'électeurs mobilisés pour la primaire de la droite en novembre.

Les candidats doivent désormais s'en remettre au verdict des urnes, après avoir mené une campagne express rythmée par trois débats télévisés en huit jours.

Manuel Valls, 54 ans, tenant de l'aile droite du PS, a mis en garde les électeurs de gauche contre les "fausses promesses" de ses adversaires, visant principalement l'ex-ministre de l'Education Benoît Hamon et son projet de revenu universel de 750 euros pour chaque Français, dont il juge le coût démesuré.

"La gauche, elle gagne quand elle est crédible, avec des propositions qui le sont tout autant", plaide l'ancien Premier ministre. Etiqueté favori lors de son annonce de candidature en décembre, il semble en perte de vitesse, mais mise sur son expérience et sa stature pour l'emporter.

"Face à Macron Valls est le plus crédible. Et il a une bonne chance contre Fillon et Le Pen", estimait dimanche Dominique, un Parisien, à la sortie d'un bureau de vote.

Bénéficiant lui d'une dynamique favorable dans les sondages, Benoît Hamon, 49 ans, qui joue à l'aile gauche du parti, confiait ces derniers jours avoir le "sentiment que (son) heure est arrivée".

A Toulouse (sud), William, 65 ans, a voté pour le quadragénaire: "Il faut qu'émerge du PS une personnalité qui puisse faire le lien avec Mélenchon, j'ai donc voté Hamon. Le revenu universel, c'est une idée novatrice. Et Hamon, c'est une nouvelle tête".

Au coude-à-coude avec Benoît Hamon dans les sondages pour une qualification au second tour de la primaire, l'ex-ministre de l'Economie Arnaud Montebourg, autoproclamé candidat "du travail" et du "made in France", s'est lui félicité dimanche matin de voir "du monde dans les bureaux de vote": "ça montre que le peuple de gauche n'est pas englouti", a-t-il salué.

Outre les trois favoris, sont également en lice l'ex-ministre socialiste Vincent Peillon, la présidente du Parti radical de gauche Sylvia Pinel et deux écologistes, François de Rugy et Jean-Luc Bennahmias.

dab-bur/at