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22/01/2017 05:21 EST | Actualisé 23/01/2018 00:12 EST

France: affaiblie, la gauche socialiste choisit son candidat à la présidentielle

A trois mois de la présidentielle française, les électeurs socialistes votaient dimanche pour départager sept candidats lors du premier tour d'une primaire dont le vainqueur aura fort à faire pour rassembler la gauche et peser dans une campagne dominée par la droite et l'extrême droite.

Parmi les prétendants à l'investiture de la gauche se dégage un trio de favoris: l'ex-Premier ministre Manuel Valls, lancé dans la course après le renoncement de l'impopulaire président François Hollande à briguer un nouveau mandat, et deux ex-ministres positionnés à gauche du Parti socialiste, sévères vis-à-vis du bilan du quinquennat, Benoît Hamon et Arnaud Montebourg.

Une fois désigné, le 29 janvier, le gagnant ne sera pas au bout de ses peines.

Pour l'instant, le second tour de la présidentielle du 7 mai semble plutôt se diriger vers un duel entre le conservateur libéral François Fillon et la chef de file du Front national Marine Le Pen, sur fond de montée en puissance des courants populistes en Europe.

Un troisième homme les talonne: Emmanuel Macron, 39 ans, ancien ministre du gouvernement socialiste qui a décidé de se lancer dans la course sans passer par la case primaire, et dont le message "ni droite ni gauche", pro-européen, attire de plus en plus de monde à ses meetings.

Sa candidature en solo, ajoutée à celle du trublion de l'extrême gauche Jean-Luc Mélenchon, en quatrième position dans les sondages, fait de l'ombre à une gauche socialiste en plein désarroi.

Dans ce contexte de morcèlement, le taux de participation à la primaire de gauche est crucial. Seule une forte mobilisation des électeurs donnera au champion désigné le 29 janvier une chance de peser dans la course à l'Elysée.

A l'inverse, une faible participation mettrait en péril la survie même du Parti socialiste, profondément divisé au terme de cinq années de pouvoir.

Or les opérations de vote ont débuté au ralenti dimanche, les organisateurs annonçant une participation en demi-teinte à la mi-journée.

- participation en demi-teinte -

A 11h00 GMT, quelque 400.000 votants avaient été décomptés sur deux-tiers des bureaux de vote, soit un chiffre total de 600.000 votants en extrapolant, selon la commission d'organisation de la primaire.

Le PS avait recensé 744.000 votants à mi-journée lors de la première primaire de la gauche, avant la présidentielle de 2012.

Pour les organisateurs, le pari serait remporté avec 1,5 à 2 millions de votants, un score bien inférieur aux plus de 4 millions d'électeurs à la primaire de la droite en novembre.

Les électeurs avaient jusqu'à 18h00 GMT pour voter, moyennant une participation d'un euro.

Les candidats attendaient désormais le verdict des urnes, après avoir mené une campagne express rythmée par trois débats télévisés en huit jours.

Tenant de l'aile droite du PS, l'ex-Premier ministre Manuel Valls, 54 ans, s'est dit "serein et confiant". Etiqueté favori en décembre, il semble depuis en perte de vitesse mais mise sur son expérience et sa stature pour l'emporter.

Dans la région de Lille, (nord), Richard, 80 ans, a voté sans hésitation pour Manuel Valls: "C'est celui qui a le plus l'étoffe pour être président".

Bénéficiant d'une dynamique favorable dans les sondages, Benoît Hamon, 49 ans, à l'aile gauche du parti, confiait ces derniers jours avoir le "sentiment que (son) heure est arrivée". Sa proposition-phare: un revenu universel de 750 euros pour chaque Français.

Il a convaincu William, 65 ans, de Toulouse (sud): "Le revenu universel, c'est une idée novatrice. Et Hamon, c'est une nouvelle tête".

L'ex-ministre de l'Economie Arnaud Montebourg, autoproclamé candidat "du travail" et du "made in France", s'est lui félicité dimanche de voir "du monde dans les bureaux de vote": "ça montre que le peuple de gauche n'est pas englouti".

"Montebourg a un discours franc et son programme fait la part belle au travail", juge Pascale, secrétaire de 60 ans.

Outre les trois favoris, sont également en lice l'ex-ministre socialiste Vincent Peillon, la présidente du Parti radical de gauche Sylvia Pinel et deux écologistes, François de Rugy et Jean-Luc Bennahmias.

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