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22/01/2017 06:45 EST | Actualisé 23/01/2018 00:12 EST

Acteur majeur en Tunisie, le syndicat UGTT va renouveler sa direction

Le 23e congrès du puissant syndicat tunisien UGTT s'est ouvert dimanche, un rendez-vous crucial lors duquel le prix Nobel de la paix 2015 déterminera son rôle politique et social et renouvellera sa direction, six ans après la révolution.

Elu fin 2011, moins d'un an après la chute de la dictature, le secrétaire général de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT), Houcine Abassi, ancien instituteur, va passer la main.

Il laisse un syndicat fort de plus d'un demi-million d'adhérents et qui a vu son influence croître encore davantage dans la Tunisie post-révolutionnaire.

M. Abassi a appelé son successeur à "poursuivre sur le même chemin du militantisme".

Fondé le 20 janvier 1946 par le leader nationaliste Farhat Hached, l'UGTT a toujours été un mouvement très politique.

Le rôle du syndicat a été distingué en 2015 lorsqu'il a obtenu, au sein d'un quartette d'organisations de la société civile, le prix Nobel de la paix pour son apport fondamental dans le "dialogue national" ayant permis de sauver la transition démocratique en 2013.

Plus de 500 responsables de l'UGTT participent au congrès ainsi que des milliers d'invités, dont des représentants de syndicats européens et latino-américains.

Dans une chaude ambiance, l'hymne national et celui de l'UGTT ont retenti, tandis que des slogans en hommage au "sang des martyrs" ont été scandés, en référence aux morts de la révolution de 2011 ayant précipité la chute du dictateur Zine el Abidine Ben Ali.

Les noms de deux des adjoints du secrétaire général reviennent régulièrement pour lui succéder: Bouali Mbarki et Noureddine Taboubi. Une femme doit par ailleurs figurer, pour la première fois, parmi les 13 membres du nouveau bureau exécutif.

Dans un pays miné par les conflits sociaux, les débats seront suivis de très près.

Evoquant un congrès "lourd d'enjeux", l'hebdomadaire Réalités a exhorté le syndicat à ne plus faire "l'impasse" sur sa "nécessaire modernisation" et à s'ouvrir davantage sur la jeunesse. Il a aussi critiqué son intransigeance supposée lors de récentes négociations.

Malgré l'entrée en fonctions d'un gouvernement d'union mi-2016 --dans lequel figurent deux ex-responsables de l'UGTT--, l'automne a été marqué par un bras de fer sur un gel des salaires dans la fonction publique, le syndicat menaçant d'une grève générale.

"La mentalité des syndicalistes c'est toujours le dialogue", s'est défendu Noureddine Taboubi interrogé par l'AFP.

Présente à l'ouverture du congrès, la "patronne des patrons", Wided Bouchamaoui, a aussi joué l'apaisement.

"Notre destin, c'est d'être ensemble. (...) Nous sommes ensemble dans l'entreprise, nous sommes ensemble pour le bien du pays", a-t-elle dit.

Les positions de l'UGTT seront scrutées de près alors que le gouvernement tunisien doit mettre en oeuvre des réformes profondes en échange d'un plan d'aide du Fonds monétaire international (FMI) de 2,6 milliards d'euros sur quatre ans.

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