NOUVELLES
20/01/2017 06:57 EST | Actualisé 20/01/2017 06:58 EST

Donald Trump, 45e président des États-Unis (VIDÉO/PHOTOS)

C'est par un discours aux accents résolument protectionnistes que Donald Trump a inauguré son mandat présidentiel, vendredi, après avoir été officiellement assermenté devant des dizaines de milliers de personnes réunies devant le Capitole, à Washington.

« À compter d'aujourd'hui, ce sera uniquement les États-Unis d'abord! », a-t-il lancé à l'intention non seulement des Américains, mais du monde entier.

« Toutes les décisions en matière de commerce, de taxes, d’immigration ou d'affaires étrangères seront prises au profit des travailleurs américains et des familles américaines », a déclaré le 45e président américain. « Nous devons protéger nos frontières des ravages causés par d'autres pays qui fabriquent nos produits, volent nos entreprises et détruisent nos emplois. »

« Nous allons ramener nos emplois, nous allons rétablir nos frontières, nous allons retrouver notre santé, et nous allons retrouver nos rêves », a-t-il poursuivi. « Nous allons construire de nouvelles routes et autoroutes, de nouveaux pont, aéroports, tunnels et chemins de fer partout dans notre merveilleux pays. Nous allons sortir les gens de l'aide sociale et leur redonner du travail pour reconstruire notre pays avec une main d’œuvre américaine, avec le travail des Américains. »

«Nous obérions à deux règles simples : acheter américain et embaucher américain. Nous chercherons à garder l'amitié et les bonnes grâces des autres pays du monde, mais ils doivent comprendre que chaque pays a le droit de faire passer ses intérêts en premier.» - Donald Trump

M. Trump a globalement présenté les États-Unis comme un pays qui s'est trop longtemps oublié au profit des autres, non seulement en matière de commerce, mais aussi de politique étrangère. Cette époque est révolue, a-t-il assuré.

« Nous avons défendu les frontières d’autres pays tout en refusant de défendre les nôtres. Nous avons dépensé des billions de dollars à l’étranger, alors que l’infrastructure des États-Unis tombait en décrépitude », a-t-il fait valoir. « Nous avons rendu riches d’autres pays, pendant que la richesse, la puissance et la confiance de notre pays se dissipaient à l’horizon. »

Le pouvoir au peuple

M. Trump avait lancé son discours en promettant de défendre tous les laissés-pour-compte de la société, abandonnés selon lui par l'establishment politique. « Nous transférons le pouvoir de Washington à vous, le peuple », a-t-il lancé sous applaudissements de la foule.

« Washington a prospéré, mais cette richesse n'a pas été partagée avec la population. Les politiciens ont prospéré, mais les emplois sont partis et les usines ont fermé. L'establishment s'est protégé, mais n'a pas protégé les citoyens. Leurs victoires n'ont pas été vos victoires », a-t-il ajouté. « Tout cela va changer dès maintenant. »

«Ce qui compte n'est pas de savoir qui contrôle le gouvernement, mais si le gouvernement est contrôlé par le peuple. Le 20 janvier 2017 passera à l'histoire comme le jour où le peuple est redevenu le dirigeant de ce pays. Les hommes et les femmes qui ont été oubliés ne le seront plus jamais. » ― Donald Trump

(Suite du texte sous le blogue en direct)

« Quand vous ouvrez votre coeur au patriotisme, il n'y a pas de place pour les préjudices », a-t-il fait valoir. « Il est temps se rappeler ce vieil adage que nos soldats n'oublieront jamais : que l'on soit noir, brun ou blanc, le même sang rouge des patriotes coule dans nos veines. »

Galerie photo La journée de l'investiture de Donald Trump Voyez les images

Jimmy Carter, George W. Bush et Bill Clinton, trois anciens présidents, ont assisté à l’événement, tout comme son adversaire lors du scrutin présidentiel, Hillary Clinton. C'était la première fois que Mme Clinton et M. Trump se trouvaient sur une même scène depuis le scrutin du 8 novembre. Au Capitole, après la cérémonie, le nouveau président a rendu un hommage appuyé à l'ex-secrétaire d'État devant les élus du Congrès.

Après avoir assisté à une messe à l'église St. John's Episcopal en matinée, M.Trump s'était rendu à la Maison-Blanche en compagnie de son épouse Melania; ils y avaient été accueillis par le président Barack Obama et sa femme Michelle.

Les deux couples se sont ensuite dirigés dans un même cortège vers le Capitole, où ils sont arrivés vers 11 h. Pour M. Obama, il s'agissait d'un adieu définitif à la Maison-Blanche; il a d'ailleurs quitté la capitale en hélicoptère après l'assermentation, comme le veut la tradition.

« Notre démocratie, ce ne sont pas des monuments ou des bâtiments, c'est vous », a lancé M. Obama dans une ultime déclaration depuis la base militaire d'Andrews, en banlieue de la capitale. L'ex-président et sa femme Michelle se dirigent Palm Springs, en Californie, pour des vacances en famille.

Une cérémonie sous haute sécurité

La police de la capitale fédérale s'est préparée à la présence d'environ 900 000 personnes, à la fois pour assister à la prestation de serment du nouveau président, mais aussi pour manifester contre lui. Le chef de la police de Washington a fait savoir qu'environ 90 personnes ont été arrêtées, mais a précisé que les protestataires étaient majoritairement pacifiques.

Quelque 28 000 membres des forces de l'ordre ont été mobilisés, des kilomètres de barrières installés, des points de contrôle et des barrages filtrants dressés pour former un cordon de sécurité de huit kilomètres carrés dans le centre de Washington.

Un défilé est sur le point de débuter dans les rues de la capitale fédérale américaine.

M. Trump est le président le plus impopulaire à entrer en fonction depuis 40 ans, selon un sondage Washington Post-ABC News publié cette semaine. Il y récoltait 41 % d'approbation, contre 61 % pour le président Obama. Au cours de cette période, le moins populaire des nouveaux locataires de la Maison-Blanche avait été Ronald Reagan, qui récoltait tout de même 58 % d'appuis.

De premiers actes officiels

Après la cérémonie d'assermentation, M. Trump a posé ses premiers actes officiels comme président. Il a notamment proclamé une journée nationale du patriotisme et signé la dérogation votée par le Congrès pour autoriser l'ex-général James Mattis à être nommé secrétaire à la Défense. Ayant quitté l'armée en 2013, ce dernier aurait normalement dû attendre 2020 avant de pouvoir diriger le Pentagone.

Sur le site Internet de la Maison-Blanche, les priorités de la nouvelle administration en matière de politique énergétique, de politique de défense, de politique de l'emploi et de politique étrangère ont aussi été mises en ligne.

« Nous avons trop longtemps freiné notre secteur de l'énergie par des régulations contraignantes. Le président Trump s'engage à éliminer ces politiques nuisibles et inutiles comme le plan d'action pour climat », peut-on notamment y lire. « La levée de ces restrictions aidera grandement les travailleurs américains, augmentant les salaires de plus de 30 milliards de dollars sur les sept prochaines années. »

En matière de politique commerciale extérieure, les documents mis en ligne soulignent que la stratégie de Trump commence par le retrait du Partenariat transpacifique (PTP), signé l'an dernier par 12 pays, dont le Canada, mais pas encore ratifié, et une renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), qui regroupe les États-Unis, le Canada et le Mexique depuis 1994.