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17/01/2017 07:48 EST | Actualisé 17/01/2017 07:53 EST

Ce que vous ne savez (peut-être) pas de la Place Ville-Marie

Incursion dans l'histoire de cette tour, devenue un symbole incontesté de la ville de Montréal.

Inaugurée il y a 55 ans, la Place Ville-Marie demeure, encore aujourd'hui, l'un des plus grands emblèmes de Montréal. À son ouverture en 1962, la tour cruciforme marque un virage majeur dans l'architecture de la métropole québécoise. Moderne et prestigieuse, elle devient alors l'une des plus grandes places commerciales au monde. Incursion dans l'histoire de cette tour, devenue un symbole incontesté de la ville de Montréal.

Un texte de Dominic Brassard

En 1961, une véritable guerre des hauteurs se joue à Montréal. C'est l'année de la construction de la Place Ville-Marie et de la Tour CIBC. Lorsque le Canadien National (CN) demande au promoteur américain William Zeckendorf de construire un gratte-ciel pour recouvrir le chemin de fer qui défigure le centre-ville de Montréal, l'homme d'affaires voit grand. Il imagine un complexe commercial d'envergure, qu'il construira finalement entre 1958 et 1962. Toutefois, Zeckendorf apprend qu'à la fin de sa construction la Tour CIBC sera plus haute que la Place Ville-Marie de quelques mètres. Pour lui, c'est inacceptable.

Construction de la Place Ville-Marie à Montréal

Construction de la Place Ville-Marie à Montréal   Photo : Fonds d'archives Place Ville-Marie

Il donne en cachette l'ordre de construire trois étages de plus à sa tour, mais il ne l'annonce qu'à la dernière minute. Avec ses 188 mètres de hauteur, la Place Ville-Marie devient la plus haute tour du Commonwealth en 1962.

William Zeckendorf (à gauche), promoteur immobilier, et Donald Gordon (à droite), président du CN, présentent la maquette de la Place Ville-Marie.

William Zeckendorf (à gauche), promoteur immobilier, et Donald Gordon (à droite), président du CN.   Photo : Fonds d'archives Place Ville Marie

La Place Ville-Marie n'a que huit mètres de moins que le Mont-Royal. En fait, en raison de règlements d'urbanisme, aucun immeuble ne peut dépasser pour l'instant la montagne, malgré des demandes répétées de promoteurs.

Vue sur le centre ville de Montréal

Vue du 30e étage de la Place Ville Marie   Photo : Daniel Choinière

Dans l'extrait ci-dessous, Dominic Brassard s'entretient avec Marie Caron, directrice marketing de la Place Ville-Marie, et Daniel Gagnon, directeur principal construction chez Ivanhoé Cambridge, propriétaire de la Place Ville-Marie.

 

Au total, 53 locataires s'établissent dès l'ouverture en 1962 à la Place Ville-Marie. Parmi eux, on compte la Banque Royale du Canada et Trans-Canada Air Lines (Air Canada). Le fabricant d'aluminium Canada-Alcan souhaite y établir son siège social, mais il exige du même coup une utilisation de poutres d'aluminium pour la construction de l'immeuble commercial, qu'on peut observer à l'entrée de la tour.

Hall d'entrée de la Place Ville-Marie

Hall d'entrée de la Place Ville-Marie   Photo : Stephan Poulin

À elle seule, la Place Ville-Marie est associée à 52 codes postaux. L'espace est si vaste qu'au sous-sol le visiteur peut facilement se perdre. Des codes de couleurs permettent d'identifier les étages, et des roses des vents peintes sur les murs aident les visiteurs à ne pas perdre le nord.

Des roses des vents sont peintes sur les murs du sous-sol de la Place Ville-Marie pour permettre aux visiteurs de s'orienter plus facilement.

Des roses des vents sont peintes sur les murs du sous-sol de la Place Ville-Marie pour permettre aux visiteurs de s'orienter plus facilement.   Photo : Roxanne Simard

De vastes bassins d'eau, équivalents à des piscines olympiques, sont enfouis au sous-sol de l'immeuble. En 1960, le système d'aqueduc de la Ville de Montréal n'aurait pas pu suffire à la demande du gratte-ciel, en cas d'incendie majeur. Par ailleurs, la Place Ville-Marie a ajouté un système de gicleurs dans les années 1980.

Chantier de construction de la Place Ville Marie à la fin des années 1950 à Montréal

Début de la construction de la Place Ville Marie, fin des années 1950   Photo : Fonds d'archives Place Ville Marie

La Place Ville-Marie : une ville dans la ville

- 10 000 personnes y travaillent chaque jour
- Près de 20 millions de visiteurs s'y rendent chaque année
- On y trouve 225 000 mètres carrés d'espaces à bureaux
- Par un réseau souterrain de 33 kilomètres, la Place Ville-Marie est reliée à d'autres immeubles du centre-ville
- Les occupants génèrent à eux seuls par année 521 tonnes de papier, qu'on recycle, et 360 tonnes de matières compostables

La tour cruciforme de la Place Ville Marie comporte son lot d'avantages. D'abord, elle permet de maximiser la fenestration par rapport aux immeubles de forme carrée. De plus, la forme en croix permet de multiplier les bureaux de coin, qui sont souvent prisés des locataires. Parmi ces derniers, on compte la Banque Royale du Canada, la firme d'ingénierie Hatch, le bureau d'avocat Blakes, de même que la Banque de développement du Canada.

Vue sur la Place Ville-Marie, la nuit, dans le centre-ville de Montréal

Vue sur la Place Ville-Marie   Photo : Stephan Poulin

Avant la construction, les concepteurs de l'immeuble ont dû réfléchir aux effets du vent sur un bâtiment cruciforme. La pression du vent est parfois si grande que l'immeuble, sans renforcement, aurait tendance à pivoter. Des poutres surdimensionnées et un béton renforcé permettent de le tenir en place.

Le gyrophare de la Place Ville-Marie

Le gyrophare de la Place Ville-Marie   Photo : Fonds d'archives Place Ville-Marie

Le gratte-ciel est connu pour son célèbre gyrophare qui illumine le ciel montréalais. Mais, contrairement à la légende urbaine, il ne sert pas au trafic aérien. C'est un faisceau lumineux unique qui balaie 58 km à la ronde. La Place Ville-Marie arrive aujourd'hui au quatrième rang des gratte-ciel les plus hauts de Montréal, derrière le 1000 de la Gauchetière, mais elle fait toujours figure de symbole pour Montréal.


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