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14/01/2017 06:32 EST | Actualisé 15/01/2018 00:12 EST

Un responsable de la mairie de Berlin renvoyé pour son passé dans la Stasi

Le maire de Berlin a annoncé samedi le renvoi d'un de ses secrétaires d'Etat régionaux en raison de son passé dans la Stasi, l'ex-police secrète de la RDA communiste, au terme d'un mois de controverse à son sujet en Allemagne.

Le secrétaire d'Etat au logement de la capitale allemande, Andrej Holm, a montré "par ses déclarations et interviews" sur son passé "qu'il n'était pas suffisamment en mesure de procéder à un examen de soi et d'en tirer les conséquences", a jugé le chef du gouvernement régional berlinois, Michael Müller, dans un communiqué.

"En particulier à Berlin, qui fut par excellence la ville de la division, il ne doit pas y avoir de doute sur le travail visant à surmonter le passé", a ajouté le maire social-démocrate, réélu l'an dernier à la tête du gouvernement régional de la capitale allemande, Berlin ayant le statut de ville-Etat dans la système fédéral allemand.

L'intéressé est proche du parti de la gauche radicale allemande, Die Linke, issu de l'ancien parti communiste est-allemand et qui réalise des scores importants à Berlin et dans l'ensemble du territoire de l'ex-RDA.

L'ampleur de ses liens avec la Stasi a été révélée par un journal local berlinois mi-décembre alors qu'il venait d'être désigné dans ses fonctions. Âgé de 45 ans, Andrej Holm a alors reconnu ce passé et l'a assumé.

Fils d'officier de la police secrète de RDA, il s'était dit prêt à rejoindre ses rangs dès 14 ans, avant de devenir à 18 ans élève officier dans l'école de la Stasi, puis de travailler pour elle notamment dans la période ayant immédiatement précédé la chute du Mur de Berlin, fin 1989.

L'homme a présenté ses excuses ces dernières semaines mais sans pouvoir éteindre la polémique car il est aussi apparu que ce sociologue, spécialiste du phénomène de gentrification urbaine, n'avait pas révélé toute l'ampleur de sa collaboration lors de son embauche en 2005 comme chargé de cours à l'Université Humboldt de Berlin. Une enquête a été ouverte à ce sujet.

Il était aussi critiqué pour avoir milité dans les années 2000 dans les milieux d'ultra gauche à Berlin, notamment celui des squatteurs. Andrej Holm a fait à cette époque l'objet de poursuites judiciaires en raison de soupçons "d'appartenance à une organisation terroriste", avant que les poursuites ne soient abandonnées.

Son nom s'ajoute à une liste déjà longue de responsables politiques ou personnalités publiques ayant dû démissionner depuis la réunification de l'Allemagne en 1990 en raison de liens avec la Stasi.

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