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12/01/2017 09:54 EST | Actualisé 13/01/2018 00:12 EST

Roumanie: le n°2 du renseignement suspendu après un scandale

L'adjoint du Service roumain de renseignement (SRI) Florian Coldea a été suspendu de ses fonctions jeudi après un scandale portant sur des liens présumés avec un patron de presse en fuite, poursuivi dans plusieurs dossiers.

"Suite aux informations parues dans les médias concernant M. Coldea, une commission spéciale d'enquête a été mise en place afin de vérifier de possibles violations de la loi ou de la déontologie professionnelle", a indiqué le SRI dans un communiqué.

M. Coldea se trouve depuis une dizaine de jours au centre d'un scandale déclenché par le patron d'une télévision privée et ancien député social-démocrate, Sebastian Ghita, poursuivi dans plusieurs dossiers et en fuite depuis le 19 décembre.

Dans des vidéos enregistrées diffusées à intervalle régulier par les télés, M. Ghita accuse notamment l'adjoint du SRI et la cheffe du parquet anticorruption (DNA), Laura Codruta Kovesi, d'avoir "fabriqué des dossiers" contre plusieurs responsables politiques et patrons de presse.

Lors du dernier "épisode" en date, diffusé mercredi, M. Ghita a en outre affirmé avoir passé des vacances à l'étranger, aux Seychelles notamment, en compagnie de M. Coldea, assurant avoir "retrouvé les factures" portant leurs deux noms. Il n'a pas précisé si M. Coldea avait payé pour ses séjours.

Les SRI a précisé que la commission analysera aussi bien les "allégations lancées publiquement contre M. Coldea que les documents fournis par ce dernier" pour sa défense.

La cheffe du DNA a rejeté les accusations la visant, précisant avoir porté à plusieurs reprises plainte auprès du Conseil supérieur de la magistrature et du Conseil de l'audiovisuel pour des "propos dénigrants et des mensonges".

Fer de lance d'une opération mains propres visant la classe politique, le parquet anticorruption est la cible de critiques régulières de ses victimes, qui l'accusent de monter des dossiers politiques.

M. Ghita est visé par quatre dossiers de corruption, de blanchiment ou encore d'évasion fiscale, dont un a été renvoyé au tribunal. La Haute Cour de Cassation et de Justice a délivré la semaine dernière un mandat d'arrêt à son encontre.

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